Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

Seite: 107
DOI Artikel: 10.11588/diglit.13589.9
DOI Seite: 10.11588/diglit.13589#0111
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/annconstantine1853/0111
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
— 107 —

ché aux bœufs s'appelait Mugonia, du mugissement des trou-
peaux. Or, la tradition dit que de temps immémorial les trou-
peaux destinés au ravitaillement de la ville furent parqués et
gardés sur le plateau du Mansoura.

Pendant l'occupation Berbère, à l'époque où florissait la
dynastie des Beni-IJafss, Constantine qui était après Tunis, le
plus beau fleuron de leur couronne, et qui eut même l'hon-
neur de voir naître plusieurs de leurs rois, possédait un fau-
bourg dans le triangle compris entre la roche des martyrs, la
pyramide Damrémont et le marché Kabyle. Le fait nous est
attesté par une note d'In-Bathouta. < En 725 (de J.-C. 1325),
dit le voyageur de Tanger, nous nous arrêtâmes près des murs
de Constantine : mais une pluie torrentielle étant venue trou-
bler notre sommeil, nous fûmes obligés, au milieu de la nuit,
de chercher un refuge dans des maisons voisines c ila daur
hounalik (1). *

Toutefois les sièges nombreux, que dans ces siècles de luttes
acharnées Constantine eut à soutenir contre les ennemis de
la famille Hafsite, durent plus d'une fois apporter la des»
truction dans remplacement qui commandait l'issue prin-
cipale; et ce ne fut que sous le gouvernement des Turcs
qu'on releva tout-à-fait le quartier extérieur, assigné par-
ticulièrement aux ouvriers et aux marchands kabyles, tels
que taillandiers, tisserands, huiliers et fabricants de nattes.
On y voyait naguère des fondouks, quelques sebbalâ ou fon-
taines publiques, des msaHn ou oratoires en plein vent, et
trois mosquées, à savoir : Sidi-El-Hilouf, Sidi Ali-El-eu'djâl et
Sidi Bou-Koceia. Ces maisons de prière c biont essaiât >
étaient de second ordre ; le prône € khotba » ne s'y lisait
point le vendredi. Mais on y enseignait. Nous connaissons des
tholba qui ont suivi dans la salle de Sidi El-Hilouf, à côté
de la porte Djabia, le cours de jurisprudence professé par le
cheikh El-Abbassi.

Les deux autres mosquées s'élevaient, l'une, sur la pente
méridionale du Coudiat-Ati, le long de l'ancienne route de
Sétif; l'autre, en face et à quelques pas seulement de la
Porte Valée. Celle-là, qui portait le nom de Bou-Koceia, élançait

[l) Voyage du cheikh ibn-Bathouta à travers l'Afrique septentrionale,
au commencement du XIVe siècle, par l'auteur de la présente notice,
p. 7 du tirage à part. — Ibn-Bathouta, texte et traduction, par C. De-

fremery et le Dr B. R. Sanguinelti . t. i, p. 18.
loading ...