Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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dans les airs un élégant minaret qu'on pouvait apercevoir du
Sôma'a ( 1 ), et même de plus loin, lorsque l'atmosphère était
pure et limpide. Quant à Sidi Ali-El-eu'djâl, que les indi-
gènes ont surnommé Sidi Ali Mousekket Et-toboul, parce
qu'une vieille tradition imposait silence à la musique du
Bey, toutes les fois qu'il passait en cet endroit avec son
cortège militaire, c'était la chapelle d'un marabout très-
vénéré.

En 1836, le bey Hadj Ahmed voulant rendre impossible
une nouvelle attaque des Français contre la capitale dont il
s'était proclamé le souverain indépendant après la chûte du
Pacha d'Alger, fit raser le faubourg, à l'exception du minaret
de Sidi Bou-Koceïa et de la Sebbâla au pied de laquelle de-
vaient être enterrés, un an plus tard, les officiers tués sur la
brèche de Constantine.

Maintenant, avant de promener notre curiosité au milieu
du parailélograme presque suspendu dans les nuages, que les
compagnons d'Afrikech, eurent l'idée diabolique de transfor-
mer en un centre de population destiné à manquer des choses
les plus nécessaires à la vie, l'eau, l'espace et l'ombre, accor-
dons un regard aux monuments romains qui décoraient les
abords de la cité, et qui sont loin de démentir son antique re-
nom.

Le plus consibérable, comme aussi le mieux conservé, est
l'aqueduc situé à 1,200 mètres environ de la pointe de Sidi
Râched, dans la direction du Midi et un peu au-dessus du
confluent du Roumel et du Bou-Merzoug. Les restes de cet
édifice qui traverse une étroite vallée, se composent de six
arceaux en pierre de taille, dont le plus élevé n'a pas moins
de vingt mètres de hauteur. Il servait de trait-d'union entre
le Djebel-Guérioune et le Coudiat-Ati, et jetait dans les réser-
voirs de cette dernière colline les eaux de Ràs-bou-Merzoug(2),
après les avoir conduites, tantôt sous terre, tantôt à ciel ou-
vert, jusqu'à leur destination.

Rapprochons-nous du ravin et parcourons l'étroite et longue

(1) Monument romain en mines, sur les hauteurs de la rive droite du
Bou-Merzoug, à 16 kilomètres Sud-Est de Constantine. En Algérie, le
mot sôma'a signifie minaret.

(2) Le Râs-bou-Merzoug est une source abondante qui se trouve sur le
versant septentrional du DjebeL-Guerioune, à l'Ouest de Sigus (territoire
des Segnïa, Siguenses ).
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