Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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route de Smendou (1), est établie sur une pile qui, elle-même,
adhère au roc et n'a que treize assises, y compris la mou-
lure. Il y a encore au-dessus une dixaine d'assises qui vont
s'encadrer assez irrégulièrement dans la maçonnerie moderne.
A la partie opposée, quatre rangs de pierres romaines soutien-
nent la courbe de la dernière arcade. Enfin, au temps du
peuple-roi, l'édifice devait avoir, près de la terre ferme (2),
un arceau de plus, comme l'indique les restes d'une bâtisse
parfaitement conservée. La hauteur totale du pont ne va pas
â moins de soixante-cinq mètres : le tablier a soixante mètres
de longueur.

La cause de la destruction des ponts du Roumel est encore
mise en question : les uns l'attribuent au temps et à l'abandon
dans lequel on les a laissés ; les autres en accusent les Van-
dales. Ceux qui se croient le mieux informés, la font remonter
aux guerres de Kahina, la reine héioïque des Berbères, dont
le vrai nom était Damia bent-inkàk. Voici les documents sur
lesquels ils appuient leur assertion. Si-Ahmed-ben-el-Mobarek
fait observer dans son histoire de l'abrégé de Constantine (S)
que, si les fortifications de cette place sont en mauvais état, il
faut en accuser la négligence des souverains arabes, qui ont
malheureusement oublié trop souvent qu'elle occupait le
centre du pays des Berbères, de Ces Berbères dont les ravages
sont bien connus dans le Nord de l'Afrique.

Au dire du chroniqueur Abd-errahman-ben-ziad, l'Afrique
qui, depuis Tanger jusqu'à Tripoli, ne formait qu'un immense
jardin parsemé de villes, de villages et de colonies agricoles,
fut entièrement saccagée et réduite en cendres par Kahina.

Un autre historien, Ibn-abi-dinar, rapporte que cette reine,
pour préserver l'indépendance du pays contre le torrent en-
vahissant des armées du khalife Abd-el-Mélik, commandées par
Hassan-ben-Naaman, ranima le courage de ses sujets en leur
disant : « La terre suffit à vos besoins. Il v a dans son sein de
quoi vous nourrir, vous et vos troupeaux. Les Arabes, au

(1) Les chemins qui mènent au littoral, ainsi que les routes venant de
l'Est, aboutissent à la porte d'El-Kantara. A côté de cette issue, le long
des murs de la ville, serpente au Nord-Est une rampe en mauvais état,
qui conduit au sommet de la première voûte naturelle dont nous avons
parlé précédemment.

(2) Il ne faut point oublier que Constantine forme une presqu'île.

(3) Tarikh bl$d Ksantina, p. 4.
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