Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

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tail. Or, nous avons distingué et déchiffré parmi les pierres
enclavées dans îe bélonnage de l'écluse du gouffre <r ehrcufw »
un fragment d'inscription latine qui provient évidemment d'un
édifice important : donc le barrage du Roumel est postérieur
à la défaite des Romains par les Vandales. D'un autre côté ,
personne n'ignore que les Arabes ainsi que les Berbères, qui
vinrent dans les siècles suivants occuper le pays, étaient étran-
gers à l'usage du béton.

Ces faits étant admis, il resterait encore un problème à ré-
soudre . à savoir : combien de temps dura l'écluse, quand et
par qui elle fut démolie, quels moyens inventèrent les Cons;-
îantiniens pour approvisionner d'eau chaque jour un centre
de plus de vingt-sept mille aines:'Voici' les renseignements que
nous avons recueillis de visu. ïl est peu probable que le
lloumel ait respecté pendant une longue suite d'années l'obs-
tacle opposé à son impétuosité. Les pluies et îa fonte des
neiges communiquant à ses flots une force que centuple la pente
peu ordinaire de son Ht, il dut culbuter et rouler dans les an-
fractuosités du ravin un morceau du barrage, afin de se frayer
un passage plus large et plus libre; la preuve de ce fait est
que la partie ruinée, ou plutôt enlevée, se trouve précisément
être celle de gauche, c'est-à-dire celle qui avaii à supporter
Se premier élan des flots. Alors disparut l'immense nappe d'eau;
le bassin demeura vide, et Constantine n'eut plus d'espoir qu'en
ses citernes, en cas d'hostilité. iS'est-ce pas à cette ''époque
qu'il convient de placer la construction du tunnel « heiùm-
ctia » qui descendait de Kharhet-ei-nnu « l'écurie du fi-
guier » au gouffre, et dont un historien moderne fait ainsi la
description : « Lorsque la conduite des eaux fut interrompue
par la détérioration du canal, on bâtit une muraille depuis la
porte Djabia jusqu'à l'endroit où le Roumel se précipite entre
'es deux escarpements du ravin. Au-dessus, fut posée une
voûte dont la solidité pouvait mettre les passants à l'abri des
projectiles. Puis, afin d'éviter l'encombrement, on ménagea
deux voies à l'intérieur de ce couloir : l'une donnait passage à
ceux qui descendaient à la rivière, l'autre aux personnes qui
remontaient. Mais Salah-bey qui cherchait partout des pierres
toutes taillées pour les édifices, dont l'exécution occupa les
dernières années de son gouvernement, ne vit dans le heni-
vecka qu'une carrière facile à exploiter, et il le fit disparaître
pièce à pièce. *
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