Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 1.1853

Seite: 141
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dernier chiffre à 42 ans, à peu près; et si des 43 ans 7 mois et
plus, que nous avons trouvé pour la vie moyenne des Romains,
nous retranchons, par la raison que j'ai dite tout-à-l'heure ,
1 an 7 mois et quelque chose, nous retombons précisément
sur ce chiffre de 42 ans qui est celui de la vie moyenne ]
aujourd'hui, de l'ensemble de la population française.

Je m'attends à plusieurs objections, et je vais au devant.

C'est dans la première enfance que la mortalité est la plus
grande, et mon relevé ce porte pour cet âge qu'un nombre
de morts relativement faible. Il y a donc lieu de penser qu'on
négligeait souvent de donner une tombe avec inscription aux
petits enfants : de là une augmentation apparente de la vie
moyenne.

Les chiffres de mon tableau ne se rapportent qu'à la popu-
lation libre, et les esclaves, qui n'avaient pas d'état civil, n'y
figurent pas. Or, ces esclaves épargnaient aux Romains leurs
maîtres la plupart des travaux pénibles et insalubres, et pre-
naient pour eux la plus grosse part de la mortalité dont ils
leur laissaient la moindre : de là encore une cause d'erreur.

Enfin, celui-là seul avait une tombe de pierre et une épi-
taphe, dont la famille en pouvait faire les frais; frais souvent
peu considérables, mais qui pourtant excluent les pauvres de
mon relevé : troisième cause d'erreur.

Je sens tout ce que ces objections ont de fondé, je les avais
prévues, et j'ai dit déjà que je me borne à chercher une ap-
proximation. Que l'on veuille bien maintenant se rappeler que
des inscriptions tumulaires sur lesquelles je m'appuie, les
moins anciennes remontent à douze siècles ; que l'on songe à
tous les progrès matériels accomplis depuis cette époque recu-
lée et qui profitent au bien-être général et à la santé publique,
et je pense qu'on m'accordera que ces progrès équivalent à
peu près aux causes d'exagération qui viennent d'être signa-
lées.

Je me crois donc fondé à dire que lorsque la population
nouvelle de l'Algérie aura complété son installation dans ce
pays, et s'y sera fixée, acclimatée et reproduite pendant trois
ou quatre générations, elle y atteindra une durée de vie
moyenne égale à celle qu'y atteignait la partie de la popula-
tion romaine dont j'ai consulté les épitaphes, égale par con-
séquent aussi à celle de l'ensemble de la population de la
France,
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