Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

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ben-Choaib-es-Senouci (10), adressa au héros de Touat une
épître commençant par ces mots: « Honneur à notre frère et ami
Abou-abd-Allah-el-Mrili, le zélé docteur, qui dans ces temps
de corruption a trouvé le courage de faire éclater sa foi au
grand jour, en s'élevant contre les abus et en ramenant les
esprits attiédis au sentiment de la vraie religion. Ce sera une
gloire pour lui de s'être opposé avec tant d'énergie aux
entreprises de la nation juive (que Dieu l'écrase de son
mépris!), et d'avoir détruit la synagogue qu'elle avait osé
bâtir sur une terre musulmane. Lui seul a eu la constance de
tenir tête aux gens que les intérêts mondains rendent sourds

à la voix du Prophète, ^J^>\, et de les déférer au tri-

bunal des oulémas. Or, je le déclare ici, personne parmi eux
n'a mieux compris l'esprit de la question que l'imam de
Ténès, Mohammed-ben-abd-el-Djelil ; personne n'a montré plus
d'indépendance dans la controverse; personne, enfin, n'a
puisé dans sa foi un mépris plus sincère des vaines considé-
rations. »

Mohammed-ben-abd-el-Djelil et Senouci ne furent pas les
seuls qui prirent part à celte querelle religieuse; il y eut
encore Mohammed-er-Rossa'a, mufti de Tunis, et deux autres
docteurs de la même ville, qui sont le cadi Yahïa-ben-Abi-
Barkai-el-Romari et Abd-Errahman-ben-Soboue.

Dès que la décision de l'imam de Ténès fut remise, à Touat,
entre les mains d'El-Mrili, celui-ci annonça le triomphe de
son opinion à ses partisans, et leur ordonna de démolir la
synagogue; mais, ce qu'il faut déplorer ici, c'est que l'excès
de son zèle l'entraîna à mettre à prix la vie des juifs, et à
payer de sa bourse une prime de sept milkaîs par tète, environ
cent francs de notre monnaie.

Après cet horrible massacre, à l'occasion duquel il avait
composé contre les juifs et leurs adhérents un chant qui com-
mence par les louanges du Prophète, El-Mrili quitta Touat
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