Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

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Jim. Cet enseignement Jura plus de vingt ans : mais il n'avait
lieu chaque année que pendant les mois de redjeb, de ehaaban
et ramadhan. Un jour qu'il expliquait aux fidèles le Sahik de
Moslim, on crut s'apercevoir que sa langue commençait à être
paralysée. Mohammed-Barirou lui ayant représenté qu'il n'était
pas prudent de continuer, la séance fut levée. Deux jours
après, Ahmed-ben-Ahmed rendit le dernier soupir : on était
en 091 (de J.-C. 1583).

XVI. — Abou-Bf.kr-ben-Ahmed-ben-Omar-ben-Mohammed-brn-
Akit, était le frère de mon père ; il naquit à Tombouctou en
l'année 932 (de J.-C. 4523-1320) d'une fcmille honorable. Sa
conduite, qui offrait un mélange incomparable de bonne foi,
de simplicité et de dévotion, lui avait mérité le respect et
même la vénération de ses contemporains. L'aumône lui sem-
blait un devoir si essentiel, que, pour s'en acquitter dignement
il retranchait le superflu ne se réservant rigoureusement que
le nécessaire. La pratique des bonnes œuvres était comme le
mobile de sa nature. Quoique sa physionomie respirât la dou-
ceur, il savait au besoin adresser des remoulrances aux hom-
mes qui s'écartaient de la voie droite.

Les plaisirs du monde n'avaient pour son âme. aucun attrait.
Sévère à lui-même comme il l'était aux autres, il ne se lassait
ni du jeûne , ni de la prière, et trouvait son bonheur dans les
rigueurs de l'ascétisme. Ceux qui ne connaissaient point le
cheikh Abou-Bekr, auraient pu prendre son excessive dévotion

pour du fanatisme, t

Il fit le pèlerinage dans un âge avancé ; mais le séjour de la
terre sacrée communiqua à ses sentiments religieux une exal-
tation telle qu'il ne voulut plus avoir d'autre patrie. En effet,
il revint à Tombouctou pour prendre sa famille, et se réfugia à
Médine où il termina ses jours en 991 (de J.-C. 1583).

Abou-Bekr fut mon premier maître de grammaire et de
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