Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 27
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vents jusqu'à dix heures du malin; alors il se rendait chez lui
pour s'acquilter de la prière. Après l'avoir achevée, il entrait
chez le cadi pour les affaires de ses clients, ou bien il jugeait
à l'amiable entre les parties. Ensuite, après la prière de midi,
qu'il récitait en public, il professait jusqu'à trois heures dans
sa propre maison, faisait la prière de Vasr, et sortait pour
aller enseigner dans un autre local jusqu'aux dernières heures
du crépuscule; et, après le coucher du soleil, il terminait la
journée à la mosquée par une autre leçon. C'est à neuf heures
seulement qu'il retournait chez lui. De plus, je ne crains pas
d'affirmer qu'il a toujours passé en prières la dernière veille
de la nuit.

Mohammed-Barirou était un homme rempli d'intelligence,
de pénétration et de lucidité dans les idées, pouvant s'élever
aux plus grandes choses, comme descendre aux plus petits
détails; prompt à la répartie, alerte à saisir le sens des paro-
les; d'un coup-d'œil sur, d'une discrétion à toute épreuve et
ayant des manières pleines de dignité. Parfois, cependant, il
aimait à plaisanter et à dilater son cœur dans la conversation.
Du reste, vraie merveille de Dieu pour la vivacité de la concep-
tion et l'étendue de l'esprit, sa réputation s'est établie par
toute la contrée.

Il eut d'abord pour professeurs de grammaire arabe et de
jurisprudence musulmane son père et son oncle, qui étaient
deux docteurs fameux. Plus tard, il s'établit avec son frère
germain Ahmed à Tombouctou , où ils suivirent les cours
d'Ahmed-ben-Saïd sur le Mokhtaçar de Sidi-Khelil. De Tom-
bouctou ils partirent pour le pèlerinage, en compagnie de leur
oncle; et c'est alors qu'ils connurent En-Nacer-el-Lakkani,
El-Tadjouri, le chérif Youssouf-el-Asmiouni, l'imam Moham-
med-el-Bekri, le docteur hanéfi Berhamtouchi et d'autres
savants de l'époque ; ce qui ne contribua pas médiocrement
au développement de leur érudition. Après avoir accompli les
cérémonies du pèlerinage et vu mourir leur oncle en Orient,
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