Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

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château d'Arsacal « Caslellum Arsacalilanum », vois le sud-est
de la montagne; l'autre, qui portait le nom de Respublica
Phuensium, au nord-ouest. J'ignorais ces faits à l'époque où
je parcourus pour la première fois la série de ruines qui con-
duit à R'ar ez-zemma « la grotte des inscriptions », et je
prenais pour les vestiges épars d'une colonisation éphémère,
des bourgs importants qui avaient eu jadis leurs conseils mu-
nicipaux , leurs temples, leurs églises, des forteresses et des
arcs-de-lriomphe. Aussi m'a-t-il fallu recommencer six fois
une exploration au terme de laquelle m'attendaient de si
lieureux résultats.

Pendant l'été de 1855, j'entrepris de visiter l'excavation
naturelle que l'erreur des européens fixés à Constantine dési-
gnait, depuis la conquête, par le nom de grotte des Martyrs.
Je partis à la fin du mois de mai, avec deux ecclésiastiques
d'une érudition incontestable. De mamelons en ravins, de
ravins en mamelons, nous cheminâmes, au gré de nos mules,
vers le but qui nous attirait. Vouloir conduire sa monture,
dans un pays où la semelle de l'homme n'a aucune solidité,
serait pure folie. Pour arriver à la grotte, il faut mettre pied
à terre au mechta de Ferkatadjine, entre Aïn-Kerma « la fon-
taine du figuier » et la base de la montagne; puis, on s'arme
de courage pour accomplir, non sans mille précautions, une
ascension qui dure au moins vingt minutes, à travers les blocs
de rocher formant la gigantesque carapace du Chettâba. Une
fois parvenus à l'entrée de cette cavité, que la nature s'est
plu à tailler en ogive, les fatigues du voyage nous obligèrent
à prendre un instant de repos, pendant lequel nous ne pûmes
nous empêcher d'admirer le magnifique panorama qui se dé-
ployait devant nous, comme un spectacle créé pour l'agrément
des yeux. Mais, nous nous étions imposé une autre tâche que
la contemplation du paysage; et d'ailleurs le temps pressait.
Nous étions venus pour saluer des marlys de la foi et déchiffrer
leurs noms oubliés par l'histoire. Il se manifesta alors dans
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