Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 62
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Cet adjectif ethnique, dont l'apparition vient jeter une lu-
mière confuse sur un point inaperçu de la topographie numi-
dique, mérite une attention particulière, et je n'aurais point
osé en déterminer l'orthographe, sans les précieuses res-
sources que M. Jules Gérard m'a offertes avec celle obligeance
qui le caractérise : car soupçonnant à peine l'existence de l'H
qui se trouve entre le P et l'V, et prêtant d'ailleurs à cette
lettre tantôt la forme d'un N, tantôt celle de la syllable EL,
je balançais entre la version PAGUS VENSIVM « territoire
des Vensiens » et celle de PAGVS ELVENSIVM « territoire des
Elvensiens. »

La découverte d'un ancien temple romain à Aïn-Phouwa
dissipe l'incertitude qui naissait de l'altération èt de l'irrégu-
larité des inscriptions de la grotte. Les terrassiers ont ramassé
dans une tranchée assez profonde quatre stèles de marbre dont
la plus petite ne mesure pas moins d'un mètre sur chaque
côté. Ces monuments historiques, qui sont dans un état parfait
de conservation, portent des dédicaces à Septime Sévère, à
Julia Domna, son épouse, et à la Fortune qui ramène Cara-
calla II yen a deux qui se terminent, l'une par les motsRP.
PHVENS. et l'autre par ceux-ci RESP. PHVENSIVM. Voilà donc
le lien qui rattache la grotte sacrée du Chettâba à la colonie
romaine fixée au nord-ouest de celte montagne. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que le nom du pagus s'est perpétué
jusqu'à nos jours, sans la moindre altération : la fontaine qui
coule à quelques mètres en contrebas du castellum, est ap-
pelée par les indigènes Aïn-Phouwa (en latin Phua).
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