Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 95
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mi BÔIUU-EL-ARÏF.

A environ une lieue de Méhédia et à l'ouest de la ville, à
l'entrée de l'immense plaine qui s'étend jusqu'à El-Djem,
s'élève un monument d'architecture sarrazine, appelé par les
habitants du pays Bordj-el-Arif « le Château du savant. » (I)

L'édifice, malheureusement fort maltraité par le temps, et
plus encore par les dévastations journalières des arabes qui
viennent y prendre des pierres, se compose d'un rectangle
équilatéral, flanqué aux quatre angles de tourelles pentago-
nales. Le monument est orienté de façon à ce que chaque
angle corresponde à un des points cardinaux.

Chacune des faces de l'édifice a douze pas de longueur, et
présente, aux extrémités voisines des tourelles, une fausse
fenêtre à quadruple ogive. Les brèches qui existent malheu-
reusement au centre et dans toute la hauteur des quatre faça-
des, ne permettent pas de se rendre compte des ouvertures
médiales qui devaient donner entrée dans l'édifice. Chaque
tourelle est également percée, à chacune de ses cinq faces,
d'une longue fenêtre postiche, en ogive.

L'édifice est partagé en deux étages par une sorte de frise

(1) L'expression a'rif dérivée du verbe a'ref « connaître, savoir » a
deux sens bien distincts. Elle signifie quelque fois prince, et dans ce cas
elle est synonime de raïss ; mais on l'emploie le plus souvent pour dési-
gner celui qui connait les lois divines, comme il est dit dans le commen-
taire des séances de Hariri (p. 413, comment. 1. 8 de la lre édit.) A
Constantine, où la plupart des nègres se livrent encore aux superstitions
du fétichisme, la grande prêtresse prend le nom ù'A'rifa (Sole de
M. Cherbonneau )
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