Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 106
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vain les espérances des mortels, daigne combler ses
vœux dans celle vie el dans l'autre.

» Si tu veux apprendre, ô lecteur, la date de la construc-
tion , elle est contenue dans ces mots : Le Bey du siècle
Haceïn-ben-Mohammed, c'est-à-dire M45 (de J.-C. 1730).»

L'ex-cadi Moustapha-ben-Djelloul, continue en ces termes :
« Les oulémas de Constantine furent convoqués pour con-
sacrer, par un acte qui a été conservé dans les archives de la
famille, l'oeuvre méritoire du seïd Abbas-ben-Ali-Djelloul.
Mais le bey ne laissa pas d'envier la renommée de son bach-
kateb. Il le fit appeler et lui dit : « Abbas, nous avons vécu
en frères ici-bas, soyons encore frères dans l'autre vie. Il
convient que nous partagions la dépense, afin que j'obtienne
ma part des bénédictions que le ciel te réserve. »

» Le seïd Abbas-ben-Ali-Djelloul était trop fin pour ne pas
comprendre que la prière de son maître était un ordre, et que
la volonté d'un Turc est écrite sur la lame d'un yatagan. Il
reçut sans murmurer l'indemnité qui lui était offerte. Mais,
après sa mort, les envieux et les détracteurs (ehïatine) s'ap-
prochèrent du Bey et lui donnèrent à entendre que le seïd
Abbas, en faisant graver son nom sur le frontispice de la mos-
quée de Souk-el-Rezel, avait eu la prétention de passer aux
yeux de la postérité pour l'unique fondateur de ce superbe
édifice, et que, par suite de cet acte de lèse-majesté, il ne
manquerait pas de gens à Constantine qui se croiraient fondés
à lui en attribuer tout le mérite. En conséquence, Bou-Koumia
fit effacer le nom d'Abbas et y substitua le sien, comme le
prouve la lésion faite dans la table de marbre, au premier
tiers du cinquième vers. »

C'est à cet événement qu'il faut rapporter le passage suivant
du docteur Shaw (I) :

(1) Voyage dans la Barbarie el le Levant, t. 1er, p. t37.
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