Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 113
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Mauritanie? Pomponius a certainement voulu dire que c'était
là (le K'eber-Roumià) le monument commun de la race
royale, régnant en Mauritanie ; de même qu'il aurait dit, en
voyant le Madr'asen, que c'était le monument destiné à la
sépulture commune des rois de Numidie.; Cette supposition
est vialsernbkible ; et si l'on parvient a déchiffrer quelques-
unes des inscriptions hiéroglyphiques qui couvrent les entre-
colounenients du pourtour, si des fouilles habilement dirigées
et exécutées pour pénétrer dans l'intérieur, peuvent révéler
des faits relatifs à l'ancienne monarchie des Numides, on
arrivera à savoir positivement que la Mauritanie et la Numidie
étaient jadis deux royaumes séparés, gouvernés par deux
dynasties parfaitement distinctes.

Dans la persuasion que ce monument renferme des trésors
considérables, les Arabes ont cherché à pénétrer à l'intérieur,
en pratiquant des brèches qui ont amené des écroulements
assez importants pour les faire renoncer à leurs cupides re-
cherches. Ces brèches n'ont pas été poussées jusqu'au quart
du diamètre ainsi que le prétend Peyssonnel. Dépourvus du
matériel nécessaire pour entreprendre un pareil travail, pour
remuer les masses énormes employées dans celle construction,
les Arabes n'ont pas pu avancer au delà de trois mètres, sans
que l'écroulement se produisit; il est même présumable que
ceux qui avaient entrepris celte dévastation ont du laisser
quelques uns des leurs, victimes de leur sacrilège entreprise.
On a dit, et ce bruit est généralement accrédité, que Salah-
Bey, qui gouvernait pour les Turcs la province de Consfan-
tine, à la fin du siècle dernier, avait aussi voulu pénétrer
dans l'intérieur, en s'ouvrant un passage à coups de canon.
J'ai cherché vainement la trace de ses boulets, et je crois que
l'on a voulu, à ce sujet, faire un conte dans le genre de celui
raconté par Peyssonnel sur la fontaine qui ne coule que les
vendredis, et de celui sur le dévouement héroïque de la
fille de Bou-Aziz, qu'il appelle Boisis, et qui offrait le lait

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