Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

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nom eût déjà, par une consécration séculaire, le surnom de
royal, motivé, comme on n'en peut plus douter, par le séjour
des rois? Enfin, puisqu'il est reconnu que les rois de ces
pays, ainsi que les peuples soumis à leurs lois, n'ont jamais
habité que sous la tente, et que, comme les indigènes de nos
jours, ils n'employaient la pierre que pour couvrir leurs
morts, il est encore évident que les seules ruines que l'on
pouvait trouver de cette nation, ne devaient être qu'un
tombeau. Le Madr'asen serait donc le seul monument qui
nous reste de la monarchie des Numides et de leur histoire;
de même que le K'eber-Roumiâ du Sah'el d'Alger serait un
monument unique pour ce qui concerne l'ancien royaume de
Mauritanie.

Le séjour des rois Numides dans la contrée s'explique par
la merveilleuse beauté des sites, par la richesse et la fécondité
du sol et par la salubrité et la température comparées à celles
du littoral d'un côté, et celle du Sahara de l'autre. En effet,
lorsque l'on est monté sur la plate-forme du Madr'asen , un
panorama comparable à tout ce que l'imagination la plus
riche, la plus fantasque peut rêver de fabuleux, se développe
à l'œil; à l'ouest, les montagnes qui dominent le col sur lequel
il est situé, semblent se ranger pour laisser apercevoir une
suite profonde de plaines accidentées par une infinité de ma-
melons pittoresques, par des espaces arides et brûlés, par
des fonds marécageux à verdure phosphorescente, par de
vastes champs, où les arabes du Sahara viennent échanger
les dattes de leurs palmiers contre les céréales du Tell. Si l'on
fait revivre par la pensée toutes ces villes innombrables dont
le sol est littéralement jonché, ce sera plus immense que la
Thébaïde avec ses nômes. Mais le désert ne s'y révèle que par
un horizon merveilleusement enflammé, découpé parles crêtes
du Belezma et des derniers rameaux de l'Atlas, dont chacun
a un nom appartenant à la mythologie encore inconnue des
Numides.
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