Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

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Ont-ils une noiion exacle de sa grandeur, de ses guerres et de
sa chute? Le nom du peuple vainqueur paraît être le seul
document authentique qui soit arrivé jusqu'à eux. Ils ont ap-
pris vaguement que les Roum ou Romains eurent des établis-
sements dans le nord de l'ifrikia et que cette ville en fut la
métropole; si vaguement en effet, que Ibn-Abou-Oinar, le
chroniqueur moderne de Tunis, n'hésite pas à écrire : « Les
historiens Chrétiens disent que le souverain de l'Afrique rési-
dait à Carihage, et que cent mille villes ou places fortes lui
obéissaient. » Le même auteur, auquel on est en droit d'attribuer
une instruction plus complète, en raison des riches matériaux
qu'il eut à sa disposition, résume ainsi d'une manière confuse
la période des guerres puniques sans se douter que, victime
d'innombrables vicissitudes, Carihage naquit deux fois pour
périr deux fois : « Lorsque les Carthaginois voulurent porter
la guerre en Italie, ils ne prirent qu'un homme et un dinar par
ville. Ils s'y rendirent par l'Espagne qu'ils conquirent ainsi que
la Gaule. Leur prince mit le siège devant Rome. Alors le chef
des Romains envoya des troupes par mer en Afrique pour
attaquer Carihage. Il y eut une grande bataille sur les bords
de l'Oued-Medjerda. Les Carthaginois avaient quatre-vingt
mille hommes de cavalerie sans compter les fantassins. Celle
diversion des Romains avait obligé le prince des Carthaginois
d'abandonner l'Italie et de revenir en Afrique, j

Le lecteur serait trompé dans son attente s'il espérait trouver
plus d'exactitude dans l'énoncé des origines de la cité Phéni-
cienne.

Indépendamment de ces données , il ne faut plus rien de-
mander aux auteurs musulmans : leur science ne va point au
delà. Ce qu'ils racontent se borne, tantôt à de minutieuses
monographies, tantôt à des aperçus extrêmement concis. El-
Bekri exhale son admiration en ces termes : « Si l'on allait à
Carihage tous les jours de sa vie, on y trouverait chaque jour
des choses merveilleuses. » Aboulféda se contente de citer
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