Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 2.1854/55 (1855)

Seite: 127
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même eoup-d'ceil et le caractère superstitieux de l'école histo-
rique au onzième siècle de l'hégire, et le penchant des pre-
miers chroniqueurs à substituer des légendes sans fondement
aux événements qui leur étaient étrangers. Voici les paroles
d'Ibn-Abou-Dinar :

« Abd-Errahman-ben-Zaïd, encore jeune, se promenait un
jour avec son oncle sur les ruines de Cartilage, dont il admi-
rait la grandeur, lorsqu'ils découvrirent un tombeau portant
cette épigraphe en langue himiarite : « Je suis Abd-Allah-ben-
Ouassi, envoyé de l'envoyé de Dieu, Salah. » Telles sont les
paroles que des hommes dignes de foi assurent avoir entendu
prononcer par Abd-Errahman. Quelques-uns ajoutent qu'il y
avait à la suite de l'inscription : « Chaïban m'a envoyé aux
habitants de celte ville avec mission de les appeler à Dieu.
J'arrivai chez eux au commencement de la journée, et ils me
mirent à mort injustement. Que Dieu les juge d'après leur
conduite ! »

Puis, reprenant la chaîne des siècles, sa doctorale crédulité
pose en manière d'argument irréfutable un récit puéril em-
prunté à ses devanciers, et que je me reprocherais d'avoir
dérobé à la curiosité des lecteurs : « Lorsque Mouça-ben-
Noceïr, dit l'auteur du Mounès, eut conquis l'Andalousie, on
lui raconta qu'il existait dans cette contrée un cheikh d'un
âge extrêmement avancé. 11 exprima le désir de le voir. Le
cheikh se présenta au général musulman : ses sourcils cou-
vraient ses yeux. Mou ça lui parla en ces ternies : « Apprends
moi combien d'années ont passé sur ta tête. * — « Cinq cents,
répondit le cheikh, s Mouça lui adressa encore d'autres ques-
tions auxquelles il répondit. Ensuite, il lui demanda le nom
de son pays et combien de temps il y avait vécu. Le vieillard
répondit : « Je suis de Cartilage, j'y ai vécu 300 ans et 200
ans ici. » Mouça l'interrogea alors sur la fondation de Car-
tilage. Le cheikh lui dit : Carthage a été bâtie par ceux du
peuple d'Ad qui échappèrent à la mort, lorsque Dieu fil périr
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