Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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enlevait journellement de gros bénéfices, et que, si cet état de
choses continuait, ils se verraient, eux, réduits à la fâcheuse
alternative, ou de fermer boutique, ou de suspendre le paie-
ment de la lourde redevance qui pesait sur leur industrie. Ils
conclurent en demandant que l'accès de ce bain fût interdit.
Le bey English, peu scrupuleux sur l'emploi des moyens, et
craignant surtout de voir tarir une source de richesse impor-
tante pour le trésor de l'État (Beylick), fil droit à la requête et
ordonna que le bain fût immédiatement fermé. Pour cela, il
en fit tout uniment murer l'entrée; et, depuis lors, on n'a
plus su ce qu'était devenue cette précieuse source d'eaux
thermales.

Les successeurs d'English-Bey laissèrent les choses en l'état,
au grand contentement et profit des baigneurs maures.

Mais, Hadj'-Ahmed, dernier bey de Constanline, fit exécuter,
vers la fin de son règne, des travaux dans le but de retrouver
l'emplacement de cette source. Lors du premier siège de celte
ville par les Français, en 1856, les susdits travaux étaient
encore en cours d'exécution, sans avoir amené de résultat.
Quand la ville fut prise, en -1837, rien n'était changé dans la
situation ; mais on n'y pensa guère.

C'est sur celte tradition, indice moins fugitif, du reste, qu'on
le pourrait croire, puisque de vieux indigènes se souviennent
encore de s'être baignes dans le bain public dont il s'agit, et
que d'autres avaient leurs maisons situées au-dessus de cet
établissement ; c'est sur celte tradition que la municipalité
de Constanline a fait entreprendre, en 185Fi, de nouvelles
recherches dans le même but.

Et qu'il nous soit permis de faire remarquer, à cette occa-
sion , que, si l'histoire des peuplades du nord de l'Afrique,
confiée à la tradition, n'existe presque plus partout qu'à l'état
de légende, ces contes populaires ne doivent point cependant
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