Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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Cette inscription latine, gravée en creux, quoiqu'on n'ait
eu aucune peine à la déchiffrer, n'est pas d'un beau travail
d'exécution, et laisse à désirer sous plus d'un rapport Elle
décèle une main peu habile, et surtout un lapicide ignorant,
qui ne savait ni sa langue, ni l'orthographe de sa langue, qui ne
comprenait même pas bien ce qu'il était chargé de reproduire.
Les lettres, dont nous n'avons pu donner qu'imparfaitement la
figure à l'aide des moyens typographiques actuellement usités,
ne sont pas toujours bien formées, trahissent parfois un ciseau
hésitant, à moins qu'on ne préfère mettre sur le compte des
ravages du temps les imperfections de l'ouvrage. La disposi-
tion elle-même de l'inscription, sur une surface dont l'étendue
laissait suffisamment de place, est sans trop dégoût, et, mieux
combinée, permettait de mieux faire.

Il n'est sansdoule pas besoin de recouriraux preuves, pour
démontrer que cette épitaphe est remplie de fautes : exibui
pour exhibai, fydes pour fides, omnisbus pour omnibus, cun
pour Ctim, mee pour meœ, mempra évidemment pour membva,
reliquat pour relinqual, sequiniini pour sequemini, exopcclo pour
exspcclo, venilœ pour venile. Ces fautes, suivant nous, ne sau-
raient guère être attribuées qu'à l'ouvrier copiste; car, assu-
rément, le défunt, homme lettré, ayant préparé son épitaphe
de son vivant, n'aurait pas commis de semblables lapsus calami;
le sens général, nullement altéré d'ailleurs, suffit seul pour
prouver ce que nous avançons.

Mais, malgré les fautes du lapicide, quelle précieuse matière
à curiosité n'offre pas cet intéressant monument épigraphique!
El d'abord, faisons remarquer qu'en raison de la rare conci-

Aprèsla mort de ma chère el chaste Valérie, je n'ai rien trouvé qui lui Tût pareil. Autant que
je l'ai pu, j'ai vécu doucement et saintemeut avec ma femme. J'ai compté cent fuis l'heureux
anniversaire de ma naissance. Mais le dernier jour est arrivé. Il me faut quitter celle vaine
dépouille de moi-même. L'épilaphc que tu lis, c'est moi qui l'ai faite. Vivant, je l'ai préparée
pour ma mort. La fortune qui me souriait ne m'a pas abandonné un seul inslant. Puisse-t-ello
vous accompagner sans cesse, el pmssiez-vous, Je vous attends ici, y venir en môme état
que moi I « (A. Ciiemionneav.)
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