Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

Seite: 58
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SUR

IiE MADfiSAÎBEBf.

La route de Constantine à Batna, après avoir dépassé le
caravansérail à'Aîn-Yagout, descend bientôt dans une vaste
plaine qu'elle traverse, du nord-est au sud-ouest, dans sa
plus petite largeur, en se dirigeant vers la Fontaine chaude
(oûm ed-Djerah des arabes), et le Djebel Touda que couronne
comme un marabout un petit poste télégraphique. Lorsqu'on
approche du pied du Touda, on aperçoit à deux lieues sur la
gauche, dans le col le plus apparent des hautes collines qui
bordent la plaine à l'est, une construction considérable qui,
vue à cette distance, présente la forme d'une pyramide tres-
écrasée dont on distingue vaguement les degrés, et que l'œil
prendrait aisément pour une grosse roche faisant saillie au
milieu du col : c'est le Madrazcn.

La signification de ce nom, et sa véritable orthographe
même nous sont inconnus. On l'appelle Madrazcn, Madrazem,
Mcdracen, etc. La plaine qui s'étend à ses pieds s'appelle El
mader, et suivant quelques-uns Madrazem serait dérivé de
mader et de hazan, ceinture, parce que les collines sur les-
quelles il est bâti enceigiieut la plaine comme une ceinture;
suivant d'autres, c'est Madrazen qu'il faut dire, par corrup-
tion de maghazen, dont nous avons fait autrefois magasin,
et ce nom indiquerait la croyance où sont les gens du pays
que des trésors sont cachés sous les pierres de ce monument.
Enfin, pour se tirer d'embarras, la plupart, parmi nous, l'ap-
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