Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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j'avais à peine pu esquisser à la hâle quelques unes des figures
que j'avais entrevues.

Je fis part de mes observations à un savant et habile archéo-
logue, M. Léon Renier. Il eut occasion de visiter peu après le
Madrazen, et il en revint avec la même conviction que ses
nombreux devanciers : les figures dont j'ai parlé n'étaient
que des marques de tailleurs de pierre comme on en voit sui-
des constructions de toutes les époques. Cette opinion était
de nature à faire naître des doutes sérieux dans mon esprit ;
mais une nouvelle et plus longue visite, l'aile en compagnie de
M. le lieutenant-colonel du Génie Lebaron lésa tous dissipés.
M. Lebaron a parfaitement vu les figures que j'avais dessinées,
et nous en avons reconnu ensemble beaucoup de nouvelles,
un éléphant, une hyène, un petit animal à museau très^
alongé, une tortue, etc. Quant aux caractères, quelques-uns
ont de l'analogie avec les figures d'animaux : mais ils ne sont
pas placés sur la même ligne, et je les ai relevés ça et là, mais
toujours sur des pierres appartenant ou ayant appartenu aux
assises moyennes des entrecolonnements, les autres n'en
offrant aucune trace. Il m'est impossible d'admettre que cette
sorte de longue procession d'animaux, finement mais très-
nettement dessinés, marchant tous dans le même sens et pré-
cédés de cette suite de caractères occupant tous les mêmes
assises et le même emplacement entre les colonnes, ne soient
autre chose que le groupement accidentel des lignes de
reconnaissance dont chaque ouvrier marquait la pierre qu'il
avait taillée. J'ai montré des signes de celte sorte sur les de-
grés du monument, et ce sont ceux-là seulement qu'aura aper-
çus M. Léon Renier.

Si donc les parois extérieures du monument sont ainsi cou-
vertes de figures et de caractères, n'est-il pas vraisembla-
ble qu'à l'intérieur on en trouverait d'autres moins effacées
par le temps et qui donneraient sur l'origine et la destina-
tion du Maèra&en de précieuses lumières? J'ai voulu, au mo-
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