Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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ardua saxis insula, qui est abordable seulement du côté de
l'ouest. Il n'y a pas d'expressions dans la langue pour peindre
l'effrayante hauteur de sa position et le vide immense qu'ont
formé autour de sa base les cataclysmes de la nature.

Le voyageur El-Abdery, dont j'ai fait connaître le curieux
ouvrage par une notice et des extraits insérés dans le tomeiv
de la cinquième série du Journal asiatique (i), nous a laissé
sur Conslantine quelques lignes écrites en un style élégiaque
et qui attestent qu'à la fin du treizième siècle elle n'avait point
encore voilé ses ruines par une couche d'habitations nou-
velles. « Elle ressemble, dit—il, à une belle femme vêtue de
haillons, à un homme généreux qui n'a plus d'argent, à un
guerrier que ses blessures empêchent de soulever ses armes...
Elle renferme de beaux restes de l'antiquité et des édifices d'une
structure prodigieuse, la plupart en pierre de taille. » Sous
la dynastie des Hafsites Conslantine fit partie du royaume de
Tunis. En l'an 6CG (de J.-C. 12G8), quelque temps avant le
siège de la capitale par les chrétiens, le sultan Abou-Zakaria
fut enterré dans la mosquée de la Casba, à Conslantine, et
l'émir Abou-abd-allah, issu de la môme famille, mourut en
737 (do J.-C. 1336), dans celte ville qui était le lieu de sa
naissance et son apanage. Les berbères, qui la considéraient
comme la pierre angulaire de leur domination, en relevèrent
les remparts et rebâtirent la Casba avec les matériaux ro-
mains, pendant l'année G83 (de J.-C. 1285). Il y eut môme à
cette époque un sultan qui en fit sa résidence. Le fait est rap-
porté dans la Farésiade par Ibn-Konfoud.

Au commencement du seizième siècle, lorsque les Osmanlis
se furent emparés du nord de l'Afrique, la province de Cons-
lantioe devint un beylikat et passa sous l'autorité du Pacha
d'Alger. Alors, disent les indigènes, dont les récits sont trop
souvent mêlés d'exagération, cette ville était bien déchue de
son ancienne splendeur. On y voyait plus de gourbis que de

(i) Août-septembre iSKi, p. 1-U et suivantes.
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