Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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répété et glorifié soir et matin... (I). Ce leraple digne d'éloges
est destiné à la prière et consacré à Dieu. Que l'Eternel par-
donne à ceux qui l'y adorent, ainsi qu'à Yahia-ben-Mahdjouba,
qui a fondé et construit l'édifice pour l'offrir à Dieu. Dai-
gnez, Seigneur, lui donner l'absolution de ses péchés et le
préserver des flammes de l'enfer ; daignez l'introduire dans le
séjour des bienheureux, afin qu'il y jouisse des véritables dé-
'ices ; accordez-lui la grâce et la paix loin des terreurs du jour
de la résurrection ; réservez-lui une place dans la plus haute
''égion du paradis (2). Bienheureux ceux qui y demeurent! —
La dernière pierre de cette zaouïa a été posée en l'année 1010
(de J.-C. 1601).—Passant, priez pour Yahia-ben-Mahdjouba ! »

Inscription en caraclères coufiques, formant le fronton de
!a porte d'une chapelle qui fait face au Refuge musulman. Le
tableau en bois sur lequel elle est sculptée, représente un
cintre à lignes brisées et passe à Conslantine pour un des
plus jolis échantillons de l'art musulman. On sait que le Korau
défend de peindre ou de ciseler la figure humaine. C'est évi-
demment celte interdiction qui, renforcée d'ailleurs par une
foule de superstitions, a contribué à inspirer aux Arabes ce
goût merveilleux d'ornementation et de couleur qui les carac-
térise. Avec des ovales, des triangles et de simples lignes
gracieusement infléchies, avec des entrelacements de fleurs,
de fruits et de feuillages, assemblés le plus ordinairement
d'une manière fantasque, et sans autre dessein que celui de
former un enchaînement agréable à l'œil, ils sont parvenus à
inventer des ornements d'une harmonie indicible, qui en ar-

(1) Koran, sour. xxiv, vers. 3G. Ce verset est sculpté horizontalement dans le mihrab ou
chœur de toutes les mosquées de l'Afrique ; mais il ne forme point un sens complet lorsqu'il
est séparé du verset suivant dont voici la traduction : « Célèbrent ses louanges des hommes
que le commerce et des contrats ne détournent point in souvenir de Dieu, de la stricte
observance de la prière et de l'aumône...» On voit cependant à Conslantine quelques
oratoires ou zaouïas dont le mihrab porte ces mois du Koran : « Toute ma confiance est en Dieu;
je place mon espoir en lui ; c'est lui qui possède le Irène suprême » (Koran, sour. ix, vers. 150.)

(2) Ce passage est une allusion au verset 1S du chap. 25 du Koran où il est dit : c Les vrais
croyants auront pour récompense les lieux élevés du paradis, parce qu'ils ont persévéré, et il»
y trouveront le salut et la paix. »
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