Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

Seite: 95
DOI Artikel: 10.11588/diglit.9388.11
DOI Seite: 10.11588/diglit.9388#0107
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/annconstantine1858/0107
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
J! ^1 ^ JUM

» Louanges à Dieu. Il n'y a de Dieu que Dieu. L'apôtre de
Dieu, c'est Mahomet, sur lui soient le salut et la grâce. —Ceci
est le tombeau du cheikh Sidi-Abd-erfahman-el-Mnâteki, le
pieux, le saint, le très-pur, qui fut la bénédiction de ses con-
temporains et les guida dans la bonne voie. Que Dieu le re-
çoive dans sa miséricorde ! 5

Ou hakk Sidi Abd-errahman, Par Sidi Abd-errahman ! est
un des serments les plus usités dans la population. Ceux qui
le violent sont frappés de cécité. C'est ainsi qu'on me l'a ra-
conté, et je ne m'étonne plus qu'il y ait tant d'aveugles h
Conslantine. Abd-errahman-el-Mnâteki était venu du Maroc,
cette contrée qui semble destinée à être le foyer perpétuel du
fanatisme musulman et la patrie des marabouts. II entra dans
la mosquée de Fcrrwin, qui était située dans le quartier des
vanniers, aujourd'hui rue Vieux ; et là, il pratiqua, au fond
d'une cellule l'ascétisme le plus rigoureux , jeûnant chaque
jour, et partageant toutes ses heures entre la prière cl la
lecture des livres saints. A sa mort, qui arriva eu l'année
1022 (de J.-C. 1611), un de ses plus fervents admirateurs,
c'était le caïd-el-bab (1)* voulant par une œuvre pie racheter
ses péchés, sacrifia sa fortune à l'édification d'une mosquée
sous l'invocation de Sidi-Abderrahman. 11 choisit l'emplace-

(1) Du temps des Turcs, il y avait à Constantinc un fonctionnaire civil auquel le gouverne-
ment affermait moyennant une somme annuelle de 10,000 réaux, la perception des droits sur
les denrées cl les marchandises qui entraient dans l'enceinte delà ville; on l'appelait Caid ei-
bab, caid de la porte. Il avait sous ses ordres un Ivhodja ou secrétaire et dix employés. Il se te-
nait avec son secrétaire dans une boutique siluée à l'extrémité de la me Combes (souk-el-kbir)
et ouverte du côté de bab-cl-micd, qui était la porle principale. I.cs porlcs do lïjabia et d'EI-
Kantra étaient surveillées par ses agents. On n'ouvrait la porle dite bab-rl-djrdid que pour la
sortie du Uey.
loading ...