Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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el-moumen qui exerçait la plus grande influence à Constan-
tine, où régnait le parti arabe représenté par les Oulad-Saoula
et par leurs nombreux adhérents. Étant maîtresse de l'autorité
religieuse, elle avait en quelque sorte la direetion des esprits.
Les fonctions importantes à'Emii'-er-rekeb « chef de la cara-
vane des pèlerins » lui appartenaient même à titre de dignité
héréditaire. Cependant Barberousse s'étant rendu maître de
CoIIo, et le commerce de Conslantine se trouvant détruit par
ce fait, les habitants de cette dernière ville lui envoyèrent
des députés et se donnèrent à lui. Le corsaire s'empressa de
leur nommer un bey. C'est alors que, sous prétexte de patrio-
tisme, se réveilla l'ambition de Sidi-Abd-el-moumen. Il con-
naissait l'effectif de l'armée turque, et savait qu'elle n'amenait
avec elle qu'un matériel sans importance. Il encouragea les
Oulad-Saoula à fermer les portes de la ville. En présence de
cet obstacle inattendu, le bey qui avait pris position sur le
plateau du Mansoura, aima mieux temporiser. Il ne se doutait
pas qu'une famille rivale de celle du marabout devait secon-
der par la trahison l'accomplissement de ses désirs. En effet,
les Ben-Lefgoun s'introduisirent dans son camp et lui donnè-
rent à entendre que Sidi-Abd-el-moumen n'étant attaché qu'à
l'autorité spirituelle, il n'était pas impossible d'entrer en ac-
commodement avec lui ; que le seul moyen de briser sa ré-
sistance, c'était de lui promettre le maintien de sa position.
Des lettres furent échangées entre le bey et le chef religieux
de Constanline. Celui-ci, 'oubliant la prudence naturelle aux
Arabes, ou plutôt trop confiant dans le caractère religieux
dont il était revêtu, se rendit avec quelques amis seulement
au Mansoura, où l'attendait une difa splendide. 11 fut empoi-
sonné par les Turcs ; on écorcha son cadavre, et sa peau
bourrée de paille fut envoyée à Alger en manière de trophée.

Tel est le récit un peu vague que nous ont transmis les
indigènes, sans fixer la date de l'entrée des Turcs à Cons-
lantine, ni désigner le chef militaire qui gouvernait alors la
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