Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

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» On y reconnaît la main libérale de l'illustre bcy, du brave
des braves,

* Hussein, fils de Hassan-bey, de sainte mémoire, lequel a
trouvé grâce devant la bonté infinie de l'Éternel.

> Si tu désires, lecteur, connaître la date de ce monument,
prononce ces mots :

> Construction de Hussein, le héros sans rival. »

Celte dédicace avait été posée à Dar-el-bey pour l'inaugu-
ration d'une hakouma ou lit de justice, que Hussein fit bâtir en
1208 (de J.-C. 1795-9-i), l'année même de sa mort. La table
de marbre sur laquelle elle a été calligraphiée, par un habile
sculpteur, est exposée aujourd'hui dans une des salles de la
Direction des affaires arabes. Il ne viendra certainement à
l'idée de personne d'admirer l'horrible peinture verte dont
le fond de l'inscription a élé enluminé tout récemment.

Hussein, dont le père, Bou-Hanek, avait été autrefois bey
de Constantine, succéda à Salah-bey en 1793, après l'assas-
sinat d'ibrahim-bou-seba, qui n'eut pas même le temps de
prendre le commandement. Il était né dans celle ville et y
avait passé toute sa jeunesse. A celle époque il était lié
avec Salah ; mais à peine celui-ci fut-il promu au gouverne-
ment de la province, que des intrigants troublèrent leur amitié
par des rapporis calomnieux. Le fils de Bou-Hanek, afin de
se soustraire au ressentiment de son ennemi, dut s'enfuir à
Alger, où il demeura jusqu'au jour où la volonté, pour ne
pas dire le caprice, du Pacha l'appela à Consianline. Hussein,
fort de son nouveau litre el les mains pleines de vengeance,
arriva bientôt à son posle. Son premier soin fut de faire
étrangler par les chaouches un prince qui lui était devenu
doublement odieux. Il n'épargna ni sa famille, ni ses parti-
sans. Ces sanglantes représailles une fois accomplies, il put
jouir de son triomphe, et profila de la Iranquilité parfaite qui
régnait dans le pays, pour achever l'œuvre de son prédéces-
seur, le pont de la porte d'El-Kantara.
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