Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 3.1856/57 (1858)

Seite: 152
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Sur un beau cippe en l'orme d'autel, avec plusieurs mou-
lures en haut et en bas. La pierre est d'un blanc, assez pur.
Pas une lettre n'a souffert des injures du temps. On dirait que
ce monument sort de la main de l'ouvrier. Il faut noter néan-
moins que l'écriture de droite diffère un peu de celle qui
fait le pendant. Celle-ci, qui est allongée et rétrécie, rappelle
le galbe des épitaphes de Précilius et de Mnésithea que j'ai
publiées dans le premier de nos Annuaires et dans la 6e li-
vraison de la Revue Africaine.

Voici une épitaphe qui, selon toute apparence, est contem-
poraine de celles que je viens de citer. Autobiographies, éloges
immodérés à l'adresse du défunt, style ambigu, latin dégé-
néré, les mêmes signes s'y révèlent. Seulement, les deux pre-
mières sont écrites en vers du mètre Commodien, ainsi que l'a
démontré M. Diibner, et après lui M. Léon Renier ; et c'est en
vain que j'ai essayé d'établir pour l'épitaphe qui m'occupe et
qui n'a pas moins de seize lignes, ce dernier caractère de si-
militude. Quoiqu'il en soit, la dame Umbria Matronica ne pa-
raît pas avoir plus de clarté dans les idées ni de connaissan-
ces en latin que l'orfèvre Précilius. Est-ce la faute de l'âge ou
la faute du siècle? Quand on a dépassé la centaine, on doit
avoir un peu de confusion dans le cerveau : or la dame Umbria
mourut à 115 ans. D'un autre côté, au Ve siècle, la langue la-
line n'était plus parlée en Afrique avec la même élégance que
du temps des Antonius. Et puis, ne doit-on pas un peu faire
la part de l'ignorance des gens du peuple? Précilius était un
petit marchand de Constanline, et Umbria n'était probable-
ment pas issue d'une origine plus relevée. Tontes les réflexions
qui précèdent, concernent la forme de l'épitaphe et se ratta-
chent néanmoins à l'explication des faits qu'elle contient.

La dame Umbria déclare qu'elle a atteint l'apogée de la vie
humaine « maluritas hominum fui; » — que, s'affranchissant
du servage des préjugés anciens, elle s'est vouée (à une di-
vinité) à une religion qu'elle a servie pendant quatre-vingts
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