Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 4.1858/59 (1860)

Seite: 18
DOI Artikel: 10.11588/diglit.9389.3
DOI Seite: 10.11588/diglit.9389#0030
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/annconstantine1860/0030
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
— 18 —

à obéir respectivement à deux autres commandants généraux,
les ducs de Tripoli et de la Mauritanie césarienne. Les troupes,
réparties sur une frontière de trois cents lieues , qu'elles dé-
fendaient à grand'peine contre les barbares, n'atteignaient
pas l'effectif de 20,000 hommes. On voit quelles excessives
précautions avaient élé prises pour prévenir les velléités de
révolte de la part des commandants militaires d'Afrique.
D'ailleurs la population d'origine italienne avait trop de liens
avec la mère-patrie, et trop besoin de son appui, pour entre-
tenir des idées de séparation.

Ces circonstances, il est vrai., n'avaient pas empêché, quinze
années auparavant, l'un des prédécesseurs de Boniface, le
comte Héraclieîi , d'embarquer trois ou quatre mille hommes
et de se jeter avec eux sur l'Italie pour y tenter une révolu-
lion; mais battu et obligé de revenir en Afrique, il y avait
trouvé immédiatement une mort ignominieuse, et le comte
actuel avait pu voir sa tête fixée sur un pal, devant une des
portes de Carlhage.

Tout porte à croire que la pensée dominante de Boniface,
dans ce moment critique, fut de repousser, sans se préoccuper
des conséquences, la mesure qu'il prenait pour un affront.

Les caractères de celte trempe ne comptent pas beaucoup
avec l'avenir. Peut-être, d'ailleurs, espérait-il que le temps
amènerait quelque revirement favorable , ou se promettait-il
de recommencer, au besoin, la tentative d'Héraclien. Mais si
l'on reconnaît l'impossibilité d'établir une tyrannie dans les
provinces africaines, il esi bien difficile d'admettre que lioni-
face ait songé à l'essayer dans une partie seulement de ces
provinces, en donnant le reste aux Vandales. C'eût été s'af-
faiblir de toutes manières, car il n'y avait pas à compter sur
la foi de ces barbares.

L'année 427 arrivée, Boniface persistant à rester en Afrique,
n'était plus qu'un criminel d'état. La guerre fut immédiate-
ment ouverte contre lui , sous la direction de Félix , maître
loading ...