Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 5.1860/61

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pour rendre l'aspiration qui accompagnait chez les indi-
gènes l'articulation du noun ou n. Une pareille aspiration
existait probablement dans la prononciation égyptienne, et
les Grecs la rendaient par un procédé semblable à celui que
nous voyons employé ici, c'est-à-dire par l'addition d'un
khi devant le nu ou n; ainsi le nom de divinité écrit hiéro-
glyphiquement Noub, est transcrit par les Grecs Khnoubis;
et ainsi d'un assez grand nombre d'autres mots. Dans leur
propre langue plusieurs lettres, et entre autres le n, pos-
sédaient virtuellement aussi une aspiration, et ce fait se
manifeste par l'action exercée, dans l'intérieur d'un mot,
sur la consonne précédente, ainsi que Jacquet l'a fait ob-
server dans le Nouveau Journal Asiatique (mai 1834, p. 204
et 205) ; ainsi iiyjt\ (pour tôu/vt,). comparé à ■tsuxTo-ç ; '}uyuaoç
comparé à tywdiç ; npôyyu, contracté de -npo et de yovu. Au
surplus, en hébreu même, le khet est quelquefois ajouté de
la même manière, du moins de l'avis de Gésénius, par
exemple en tête du quadrilittère j-*^. Je crois que, pour
le mot même dont il s'agit ici, la langue des Touaregs a
conservé un témoignage du fait que je suppose. En effet,
dans le dictionnaire ajouté par M. Barth au cinquième vo-
lume de l'édition anglaise de son Voyage en Afrique, on
lit : hannis, femme, épouse ; ahannis, belle-sœur, avec un
point d'interrogation et probablement équivalent à hannis.
Ne sont-ce pas, avec l'addition d'une aspiration prosthétique
ou épenthétique, les variantes [jù (^-^) et ^ûJÎ (^^cJ)
dont l'hébreu n'a conservé que le pluriel vfJ, femmes, va-
riantes communiquées par les Phéniciens? M. le comman-
dant Hanoteau ne dit-il pas, en effet, dans sa Grammaire
tamachek', p. 13 : « Les Imouchag' introduisent souvent
dans les mots l'aspiration h, sans autre cause apparente
qu'un motif d'euphonie ou de prononciation locale ; c'est
ainsi que l'on dit indifféremment : enhi ou eni, vois; irha
ou ira, il a voulu, etc. »
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