Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 5.1860/61

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— Zi^t —

paraissait motivée par la nécessité de remplir la lacune qui
existe dans l'inscription entre le lamed préfixe, marque du
datif, et les trois caractères qui suivent; mais un nouvel
examen m'a convaincu qu'il n'y avait aucune lettre en cet
endroit; on ne découvre que le petit trait indiqué sur la
copie. Ce trait me paraît le résultat d'un essai du lapicide,
qui, ayant reconnu que la pierre en ce point était trop fria-
ble, avait porté la lettre un peu plus loin, là où l'éraiHement
de cette lettre prouve que la friabilité y existait encore.

Le maintien de ce nom de divinité Ternit concourt à dé-
montrer la haute époque du monument. Il se trouve, comme
je l'ai dit, sur plusieurs pierres carthaginoises, et, comme
composant de noms propres, dans une inscription bilingue
(phénicienne et grecque) trouvée à Athènes, ainsi que dans
l'importante inscription de Marseille. Aucun auteur ancien
n'en fait mention. L'inscription bilingue d'Athènes prouve
que les Grecs assimilaient la déesse à leur Artémis. Plusieurs
écrivains modernes l'ont identifiée avec la Tanaitis perso-
arménienne et la Tana étrusque ; on peut lire particulière-
ment à ce sujet Movers, Die Phoenizier, i, p. 616 et suiv.
Il est probable que c'est cette déesse que les Romains ont
appelée, tantôt, d'une manière générale, Dea ou Virgo
cœlestis, tantôt, d'une manière particulière, Juno, Venus et
Diana, souvent confondues dans les auteurs. Il est t^ès-re-
marquable que le monument de Constantine soit le seul de
tous les textes d'Afrique étrangers à Garthage où cette di-
vinité est mentionnée; dans les autres inscriptions numidico-
puniques où une divinité est citée, ce n'est que Baal, et l'on
n'a pas encore rencontré, que je sache, de nom propre
numidique dans lequel Tanil entre en composition, tandis
que ceux formés avec le nom de Baal sont communs ; d'une
autre part, sur les monuments carthaginois, Tanit est tou-
jours, dans la formule consécratoire, portée en première
ligne, avant Baal, et, dans notre inscription de Constantine,
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