Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 5.1860/61

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Sur plusieurs monuments, par exemple aux nu> 2:;,
24, 25 de notre planche XI, indépendamment des ana-
glyphes dont je viens de parler, il y a une autre figure qui
ressemble aussi à celle des tableaux de la pierre anépi-
graphe de Constantine ; assez souvent les deux images an-
thropomorphes sont réunies. La seconde est celle du dé-
funt. La ressemblance à l'image divine qu'on affecte de lui
donner sur les monuments les mieux soignés révèle, si je
ne me trompe, un dogme sur l'état des âmes après la mort,
semblable à celui qui fait presque entièrement le fond du
rituel funéraire des anciens Égyptiens. En effet, clans la
doctrine des prêtres des bords du Nil, le défunt dont l'âme
a été justifiée dans l'Amenthi est assimilé à Dieu, particu-
lièrement à Osiris ; le nom de cette divinité est associé au
sien ; il devient, expression singulièrement remarquable !
une âme en deux esprits similaires, en deux jumeaux, sui-
vant la traduction de M. de Rougé Telle me paraît aussi
ressortir des tableaux dont nous nous occupons la doctrine
des anciens Africains, et probablement, par conséquent,
des Phéniciens : c'est sans doute pour en rendre l'expres-
sion plus sensible qu'on est graduellement arrivé à réunir
en une image simple, anthropomorphe, les éléments pri-
mitivement séparés des symboles divins. Dans les rituels
égyptiens, le contraire a lieu: le défunt revêt définitivement
une configuration panthéistique ; mais la pensée fondamen-
tale est vraisemblablement identique. La forme africaine a
quelque chose de chrétien : Dieu paraît s'y faire homme
pour la justification, la rédemption des âmes.

On voit aussi, sur les médailles impériales de plusieurs
villes de Syrie, un cône surmonté d'un croissant lunaire et
d'uu clypeus solaire. Ce fait prouve que ces symboles ne
sont pas nécessairement funéraires. Il en est de même de

1 Revue archéologique, juin 18(50, p.
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