Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 5.1860/61

Seite: 81
DOI Artikel: 10.11588/diglit.9386.3
DOI Seite: 10.11588/diglit.9386#0095
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/annconstantine1861/0095
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
— 81 —

est d'accord avec une acception secondaire du mot sémi-
tique qui signifie au propre la main droite, c'est-à-dire l'ac-
ception de bon augure, de félicité. Il est possible que ce
soit aussi le sens de la main droite sur certaines médailles,
bien qu'on y puisse supposer également celui de bonne
foi. Mais là où la main est très-vraisemblablement un
amulette, c'est au collier de la statue d'enfant. Toutefois la
translation de cette signification au symbole de nos monu-
ments africains ne pourrait convenir, si ces monuments
étaient purement votifs , car rien n'autoriserait à faire
craindre qu'ils pussent exercer une influence fâcheuse ; ce
serait presque un contre-sens. Au contraire, si, conformé-
ment à la première impression d'Humbert reçue à la con-
templation des lieux, conformément aussi à l'opinion que
j'ai ici exposée et soutenue d'après l'étude comparée de
tous les contextes, si, clis-je, ces monuments sont sépul-
craux, rien de plus rationnel que de penser que la main
droite y est un phylactère. Cette attribution peut d'autant
mieux ressortir du rapprochement avec le collier d'enfant,
que, dans ces colliers, au lieu de la main dont il vient d'être
question, il y avait ordinairement un phallus ou fascinum
auquel on reconnaît unanimement un rôle de phylactère, et
que le phallus était souvent représenté aussi au même titre
sur les tombeaux africains. M. de la Mare en a vu beau-
coup et en a reproduit quelques-uns qui ne pouvaient
avoir que cette destination, par exemple: pl. LXXI, n° U.
J'ai cité, à la p. 69, une phrase de Lajard mentionnant le
phallus comme un emblème funéraire chez les Grecs et les
Romains. Raoul-Rochette s'exprime dans le même sens, à
l'égard des Asiatiques, aux p. 54 et 388 de son Mémoire
sur l'Hercule phénicien: « On a, dit-il, des exemples de la
présence de phallus ou de cippes phalliques h l'extérieur
des tombeaux ou tumulus d'Alyatte, près de Sardes, à celui
de Tantale, près de Smyrne, et dans les tombeaux de Ma-

6
loading ...