Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 5.1860/61

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piétés, il n'y a nul emblème, nul ornement. Celle réunion
de circonstances me porte à penser que ce sont les épi-
taphes de Numides chrétiens, de ces Numides dont parle
saint Augustin dans sa clxxiiic Epître, lorsque, provo-
quant à une conférence le donatiste Crispinus, il dit :
« Mappalienses ambos nos audianl, ita ut scribanlur quœ
dicemus, et a nobis scripta eis punice interpretentur, et
remoto timoré dominationis eligant quod voluerint. » Si
l'on compare les épitaphes chrétiennes écrites en latin
aux épitaphes de païens rédigées dans la même langue,
on remarque que, bien que celles-ci énoncent ordinai-
rement l'âge, celles des chrétiens manifestent à cet égard
un soin, un scrupule particulier; elles ajoutent presque
toujours, en Afrique, plus minus. Il y avait probablement
pour cela une raison, et je pense que c'est cette raison
qui a fait exceptionnellement énoncer la durée de la vie
sur nos épitaphes numidico-puniques d'Enchir aïn Hechma
et de Tunisie.

La pierre représentée au n° 4 de la table précitée est
brisée un peu au-dessus de l'inscription; cela est d'autant
plus regrettable que, contrairement aux six autres, elle
avait à la partie supérieure quelque ornement dont on ne
voit que les dernières traces. Je conjecture que ce sont,
vus de profil, les pieds d'un homme, savoir du défunt,
figuré debout.

Sur vingt-trois des inscriptions de Tunisie appartenant
à la classe dont nous nous occupons, vingt sont brisés
par le haut1, douze sans reste d'ornement, sept avec les

1 Cette identique mutilation n'a-t-elle point, par elle-même, une signifi-
cation? n'a t-elle pas eu précisément pour but de détruire des symboles
païens, soit au moment même de la sépulture, sur des pierres préparées à
l'avance, soit, plus tard, à une époque de plus grande ferveur, par les

descendants des morts couchés sous ces pierres ?

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