Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 6.1862

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a moins épargné le faste des grands que la triste demeure
des pauvres. Les mausolées n'ont plus de toit ; on cher-
che en vain leur épitaphe dans le pêle-mêle de pierres
écrites gisant sur cette poussière déshonorée. C'est là
que les chrétiens de la ville avaient été déposés dans la
paix éternelle. On cesse d'en douter, lorsque l'on con-
temple les eippes décorés de la palme et de la colombe,
qui apparaissent çà et là, comme des témoignages à
demi-voilés-d'une religion exposée sans relâche et sans
pitié aux plus cruelles persécutions. Les noms eux-
mêmes, ces expressions de bon augure que le paganisme
n'avait point connu», sont un indice qu'il faut accepter ;
et la présence du D.M.S. est loin d'offrir une objection
sérieuse, ainsi que l'a démontré M. Berbrugger, dans la
Revue Africaine (fév. 1859. p. 181). Plus d'un archéo-
logue s'est préoccupé de la rareté des monuments chré-
tiens dans certaines localités de l'Afrique septentrionale,
et cette question a déjà fait l'objet d'observations géné-
rales consignées par M. l'abbé Godard dans le n° 3 de
la Revue citée plus haut. Je pense avec M. Dolly, auquel
je suis redevable d'une note détaillée sur ce sujet, que
les premiers adorateurs du Christ cachèrent leurs sépul-
tures comme ils avaient été forcés de cacher leur culte,
et que beaucoup d'entre eux ont craint de profaner le
signe de leur foi en l'abaissant jusqu'à terre. On retrouve
en effet la trace de ce sentiment dans i'édit de l'empereur
Théodose IL, daté du 21 mars 427 et défendant « par
respect pour la religion, de mettre le signe de la croix
sur les marbres et autres objets déposés à terre ».*

I Histoire des empereurs romains, par Lenain de Tillenionl.
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