Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 6.1862

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midie, que les bas-fonds sont le séjour de la fièvre. Ils
avaient donc bien soin de bâtir leurs maisons sur les
lieux les plus élevés, afin de n'avoir point de maladies
à combattre au milieu de leurs travaux, déjà si pénibles.

On appelle Aïn-Kerma « la fontaine du figuier », une
ruine située dans l'axe de R'ar-ez-Zemma « la grotte aux
inscriptions », et qui a l'apparence d'un ancien bourg.
Les deux nécropoles que j'y ai vues, témoignent silen-
cieusement à quel degré de prospérité était parvenue
cette localité, où de maigres troupeaux trouvent à peine
aujourd'hui de quoi tromper leur faim. Mais le fait le
plus saillant, c'est l'air de contemporanéité qui existe
entre les tombes d'Àïn-Kerma et celles de Golïa. A
voir la coupe des cippes, la forme de l'écriture et sur-
tout les noms laissés sur la pierre, on dirait une colo-
nie d'Europe transplantée là, tout d'une pièce, avec son
langage et ses mœurs. 11 est probable que les Romains
ne procédaient pas autrement. Dans l'intérêt de la colo-
nisation et pour entretenir parmi les gens de la cam-
pagne cette solidarité qui fait la force, ils portaient
jusqu'aux dernières limites de l'empire, l'image de la
patrie.

Ce que j'ai dit d'Àïn-el-Bey s'applique parfaitement à
la commune des Pbuensiens. Les magistrats de la loca-
lité ainsi que les propriétaires demeuraient à Aïn-phouwa,
au nord-ouest du Chetlâba ; ils avaient là un castellum,
un temple, des édifices publics, tandis que les cultiva-
teurs, les bergers et les esclaves attachés au service des
fermes peuplaient le côté opposé. Dans les grandes so-
lennités, on se rassemblait devant la grotte, pour offrir
des sacrifices au génie topique. C'est ce qui résulte de
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