Annuaire de la Société Archéologique de la Province de Constantine — 6.1862

Seite: 180
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Voyons maintenant en quelle année était dressé le mo-
nument de Bougie.

Une loi d'Auguste défendait aux habitants des provinces
de rendre aucun honneur ni aucun témoignage de re-
connaissance à leurs gouverneurs pendant qu'ils étaient
en charge et pendant les deux mois qui suivaient la ces-
sation de leurs fonctions. Cette loi était sage ; sans elle
les provinces se seraient couvertes de statues ou de mo-
numents en l'honneur de leurs gouverneurs ; les plus
mauvais les auraient facilement obtenus au prix de leurs
devoirs et les auraient fait servir à les laver de leurs
méfaits. Aussi les successeurs d'Auguste se gardèrent
bien de la laisser tomber en désuétude. Claude prescrivit
aux gouverneurs qui sortaient de charge de se rendre à
Rome pour répondre aux plaintes que leurs administrés
auraient à leur adresser, et Néron, pour leur ôter tout
prétexte de piller les provinces, leur défendit de faire
représenter aucun spectacle. Le Sénat lui-même, sous
ce dernier empereur, abolit l'usage d'envoyer à Rome
des députés pour faire leurs éloges, afin que pour obte-
nir ces témoignages publics d'une bonne administration,
les gouverneurs ne fussent pas conduits à se relâcher
dans l'accomplissement de leurs devoirs.

Ainsi, lorsque les Salditains érigeaient sur la place de
Saldae le monument en l'honneur d'Aurélius Litua, ce
gouverneur avait cessé d'administrer leur ville et leur
territoire; nous ne disons pas qu'il était sorti de charge,
mais la Mauritanie Césarienne venait d'être démembrée,
un prasses était à la tête de la Mauritanie Sétifienne, et
la population de Bougie, tout en donnant un témoignage
de reconnaissance à son ancien gouverneur, saisissait Toc-
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