Antonini, Annibale  
Recueil De Lettres Françoises, Et Italiennes De Bienseance Et Marchandes, Pour Ceux Qui Souhaitent D'Aprendre A Bien Ecrire En Italien, Selon Les Bons Principes Et La Nouvelle Ortographe: Avec Un Abrégé Sur La Maniére De Garder Le Ceremonial, Et De Dresser Les Lettres, Selon Le Stile Le Plus Moderne Des Italiens — Basle, 1768 [VD18 12073032]

Seite: 88
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bon usage de mon afEicfion, & croies que
je n'oublierai de ma vie toutes vos bon-
tés. Je suis.

LXIH.
TE n'aurois jamais cru que !a mort d'un
enfant eût été capable de me faire ré-
pandre des larmes. On n'a ordinairement
dans cet âge tendre , que des qualités
trop médiocres pour causer de grands re-
grets. Il n'en esl pas de même de celui
dont nous pleurons la perte : il posfedoit
dès sa plus tendre jeunelse des talens, qu'à
peine on voit paroitre après une longue
étude, & un grand travail : aulii, que ne
pouvoit-on pas en eipéfer, si Dieu ne
l'eût appellé à lui au milieu de nos espé-
rances ? Il esf mort dans des sentimens,
qui ont autant surpris qu'édifié tout le
monde. Je ne doute nullement, Madame ,
que vous ne soiés vivement touchée de
cette perte ; vous le sériés encore plus il
elle fût arrivée sous vos yeux. Comme
j'aimois ce cher enfant fort tendrement,
je prens plus de part que personne à votre
douleur , & je souhaiterois de tout mou
cœur être à portée de vous consoler de vi-
ve voix. Le Seigneur ne vous a enlevé
qu'une partie de votre bien ; vous êtes
trop pieuse pour ne vous point soumettre
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