Antonini, Annibale  
Recueil De Lettres Françoises, Et Italiennes De Bienseance Et Marchandes, Pour Ceux Qui Souhaitent D'Aprendre A Bien Ecrire En Italien, Selon Les Bons Principes Et La Nouvelle Ortographe: Avec Un Abrégé Sur La Maniére De Garder Le Ceremonial, Et De Dresser Les Lettres, Selon Le Stile Le Plus Moderne Des Italiens — Basle, 1768 [VD18 12073032]

Seite: 174
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174 LhtMi/ierey Je
établir une fortune plus prompte , & plus
conlidérable. Ne croies pas néanmoins.
Moniteur, que je me déclare tout-à-fait
pour un é!ément, dont ou ne se peut rien
promettre d'aisuré. Je sais qu'il n'esf pas
moins célébré par des naufrages, que par
d'heureulcs navigations ; mais je ne doute
point que vous ne loiés bien-aile, que je
vous rapporte le sentimeut d'un des plus
beaux esprits de notre iiécle : c'elf votre
Ville de Marseille qui nous l'avoit doniié;
il parle de la navigation en ces termes :
,, La mer qui nous donne tant de lu jets
,, de plainte , a de b beaux intervalles ,
3, &, pour ainb dire, des caprices iiheu-
„ reux , que Ton ne doute pas qu'elle ne
,, sbit plus utile, que dommageable. Pour
,, persuader en sa faveur , on dit qu'elle
,, elf le lien de la sbciété des hommes, & la
„ ligue de communication qui les attache
„ avantageusement les uns aux autres ;
,, que cette liaison a perfedionné tous les
,, arts & toutes les sciences; que sans elle
„ tout nous paroitroit incroiable, parce que
„ nous ignorerions ce qu'il y a de plus beau,
„ & de plus curieux dans la nature; qu'il n'y
„ a que la mer qui nous puiise donner des
„ choses nécedaires en abondance, & avec
„ commodité ; que nous ne tenons les su-
„ perdues que de sa profusoti , & que
„ sans elle nous ne conuoitrions , ni la
%? pompe, ni la magnificence ; qu'elle ver-
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