Antonini, Annibale  
Recueil De Lettres Françoises, Et Italiennes De Bienseance Et Marchandes, Pour Ceux Qui Souhaitent D'Aprendre A Bien Ecrire En Italien, Selon Les Bons Principes Et La Nouvelle Ortographe: Avec Un Abrégé Sur La Maniére De Garder Le Ceremonial, Et De Dresser Les Lettres, Selon Le Stile Le Plus Moderne Des Italiens — Basle, 1768 [VD18 12073032]

Seite: 192
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que des pures fables & des contes faits à
plailir, quoique plusieurs de la Maisbn de
Luzignan les aient reçus & débités comme
des vérités bien établies. Quelle rêverie
de croire que cette Fée ait poude des gé-
midemens, & des cris , lorsqu'on abattit
la Tour de Luzignan, & qu'on Fait vu
paroitre sur les toits dans un long habit
de deuil , quand il devoit arriver quelque
chose de funesfe à quelqu'un de cette Mai-
sbn ! Ces fables ont pu être crues dans les
slécles groisiers & supersfitieux ; mais elles
ne trouvent nulle créance dans le nôtre :
nous avons le goût trop délicat, & trop ra-
fano. Cependant nous avons à nous re-
procher la fureur avec laquelle on a lu
,en France, pendant quelque tems , les con-
tes des Fées ; il esf vrai que cette mala-
die a palse en peu de tems : on a recon-
nu l'extravagance de ces sortes de livres ,
remplis de contes à dormir debout, où il
n'y a ni sens, ni raison. Ce qui n'avoit
été inventé que pour divertir les enfaus,
esf devenu tout-à-coup l'amusement des
persbnnes les plus serieuses. La Cour s'ed
laide infatuer de cesiottises; la Ville a silivi
le mauvais exemple de la Cour , & a lu
avec avidité ces avantures monsfrueuses,
qui n'ont nul rapport entre elles ; mais en-
fan, on esf revenu de cette frénélie, & je
crois que les contes des Fées ont été ban-
nis pour jamais.
Mais
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