Antonini, Annibale  
Recueil De Lettres Françoises, Et Italiennes De Bienseance Et Marchandes, Pour Ceux Qui Souhaitent D'Aprendre A Bien Ecrire En Italien, Selon Les Bons Principes Et La Nouvelle Ortographe: Avec Un Abrégé Sur La Maniére De Garder Le Ceremonial, Et De Dresser Les Lettres, Selon Le Stile Le Plus Moderne Des Italiens — Basle, 1768 [VD18 12073032]

Seite: 204
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2c.'4 Je

xcv.
Y^Uiltjue vous m'accordés, Madame , la
^ permiHÎon de vous dire naïvement mon
lentiment, je vous dira:, qu'il n'y a rien
de plus certain, touchant la quePion que
vous m'avés propolee , que les pre-
miers hommes vivoient plus long-tems
que nous. Vous ne sauriés, dites-vous,
ajouter loi à ce que l'on dit, que les pre-
miers hommes ont vécu jusqu'à huit &
neuf cens ans ; & luppolo que cela fût
vrai, vous voudriés , dites - vous, être ve-
nue au monde dans ce tems-là , pour avoir
eu le plailir de vivre pendant huit , ou
neuf hécles. Pour moi , Madame , je
vous avoué que je serois bien fâche que
vous euPiés vécu avant le Déluge ; car
vous ne vivriés maintenant que dans l'His-
toire , & je crois que ce n'est pas une
grande consolation pour un défunt d'avoir
vécu pendant un grand nombre d'années.
Notre siécle seroit privé de voir & d'en-
tendre la plus aimable & la plus agréable
pcrsbnue du monde , & qui aime tant à
disputer. Pour revenir à votre queliion,
je vous dirai. Madame, qu'elle n'elf pas
du nombre de celles dont il eP permis de
dou-
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