Arnauld, Antoine  ; Barcos, Martin de  
Instructions Sur la Grace Selon L'Ecriture Et Les Peres — Köln, 1700 [VD17 16:724239V]

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121 DOCTRINE DE L'EGLÏSE
reposer en la créature , c'est regarder la
vertu comme un bien au deiTus duquel il
n'y en a point d'autre à qui on le puisle
rapporter ; ce qui cst le mettre à la place
de Dieu. C'est ce que Saint Paul appelle
Rom. x. /GNORER U jufticequi vient de Dieu ,
sgnorar* O" vouloir établir fa propre jussice :Car celui
3Dei'&vei- ne leconnoît point Dieu pour la fin de
le suim la vertu, ne l'en rcconnoit point aulîi pour

itatuere- . 5/11 • 1

1 auteur ; il ignore que c elt lui qui f ar la
grâce de ion Fils, rend les hommes jultes ;
& voulant ainsi établir sa propre justice, il
n'est point sournis à celle de Dieu. On
voit quelquefois en lui des vertus en appa-
rence , dans lesquelles régne , comme die
Aitïtudo S. Augustin, un orgueil secret : VN ccr~
Minora1 ta^n orgueil pernicieux qui se plait en soi-me-
piacendi me : Un desir de se plaire 6c de se con-
tenter soi-même, qui l'engage dans une
ruine d'autant plus erTroïable , que ses a-
élions éclatent davantage devant les hom-
mes.

(Question XIV.

Quelle confcquence peut - on tirer de cette
grande vérité ^ que Dieu efl la fn de toutes les
vertus ?

On en peut tirer plusieurs très-impor-
tantes. La première, c'est que toutes les
vertus sont inseparabîes de l'amour , ou
plutôt elles ne sont qu'amour, puis qu'il
n'y a que l'amour qui donne au cœur la

pente
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