Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

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et l'on peut douter qu'en pareille matière une parfaite unanimité réussisse jamais à s'établir
entre toutes les personnes compétentes. Le plus simple eût donc été de réunir dans chaque
livraison dix planches représentant des monuments de toute époque et de ne proposer de
classification historique qu'à la fin de l'ouvrage. Mais j'ai cru devoir me conformer au désir de
M. Jacobsen, qui souhaitait voir adopter, clés le début de la publication, l'ordre chronologique-
Je me recommande seulement à l'indulgence des abonnés, s'il arrive que, dans l'espace de trois
ou quatre ans, mes opinions sur la date de tel ou tel monument se trouvent avoir subi d'assez
sensibles variations.

Il est certainement regrettable que, pendant la rédaction du texte, je ne puisse vivre en
communication permanente avec le musée de Ny-Carlsberg. J'y ai fait, il y a deux ans, un séjour
d'étude de six semaines environ et j'espère que rien d'important n'a échappé à mon attention.
Au surplus, au courant des années prochaines et avant que la présente publication ne soit ter-
minée, je compte me rendre de nouveau à Copenhague. On devra toutefois observer que notre
ouvrage a pour base l'état de la collection pendant l'été de 1894.

Mes notices seront aussi brèves et concises que possible; j'adopterai pour règle de
ne dire que le nécessaire. Si je m'abstiens résolument de toute conjecture aventureuse, si je
préfère les formules dubitatives à ces affirmations dogmatiques, qui produisent ordinairement
grand effet sur le public et permettent à l'auteur de faire devant lui figure avantageuse,
j'espère que ceux de mes confrères qui sont d'un esprit prudent et réfléchi m'en sauront quelque
gré. Mieux vaut, à mon avis, pécher par excès de timidité qu'encourir le reproche d'une audace
téméraire. Assurément la science ne peut vivre sans hypothèses; les hypothèses, fruits de la
libre spéculation, lui sont aussi indispensables que les recherches critiques, qui sont œuvres de
la seule raison; mais donner arbitrairement à des hypothèses les dehors de la certitude et
présenter comme vérité prouvée ce qui n'est que pure conjecture, c'est s'égarer de parti-pris,
égarer les autres à sa suite, et faire au premier chef œuvre anti-scientifique.

Je demande la permission, en terminant, d'adresser quelques paroles pro domo à ceux de
mes collègues qui pourraient être surpris que je commence une nouvelle publication de monuments
isolés, sans connexion intime, au lieu de me livrer à l'étude approfondie d'une période définie
de l'histoire de l'art, ou de chercher à éclaircir quelque question difficile et controversée. Je
leur rappellerai que les raisons qui justifient à mes yeux la publication de la collection Jacobsen,
se trouvent déjà longuement exposées dans la Préface du Ier fascicule de mes PhotographiscJie
Einzelaufnahmen antiker Sculpturen. De même que ce dernier ouvrage, celui que je fais paraître
aujourd'hui est destiné à préparer ce Corptis Statuarîim, à la composition duquel j'ai la ferme
intention de consacrer toutes mes forces. A mon avis, tant qu'un pareil recueil nous fera défaut, les
études qui auront pour objet l'art antique resteront forcément incomplètes et risqueront souvent
de n'aboutir à aucun résultat durable. Le moment est venu d'aborder et de pousser activement
ce grand travail. Je ne me dissimule pas que l'exécution en peut paraître ingrate et rebutante;
mais puisque c'est une nécessité de l'entreprendre, nulle considération d'intérêt personnel, d'ordre
matériel ou scientifique, ne doit, ce me semble, m'en détourner: le but à atteindre est assez
haut pour valoir quelques sacrifices.

MUNICH, Février 1896.

Paul Arndt.

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