Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

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PLANCHES i et 2.

Tête archaïque de jeune homme, de style attique.

Marbre de Paros (d'après M. Lepsius; pentélique, selon Rayet; mais cette indication est inexacte).
Hauteur totale: o,m315 ; de la pointe du menton à l'attache inférieure du nez: o,'"065; de l'attache inférieure
du nez à la naissance des cheveux: o,mi3o; de la fente des lèvres à la naissance des cheveux: o,mi55;
du coin extérieur de l'œil au coin de la bouche: o,mo8; du coin intérieur de l'œil au coin de la bouche:
o,'"065; distance entre les deux coins internes des yeux: o,m045; entre les deux coins externes des
yeux: o,'"127; largeur de la bouche: o,"'055. — Fragment d'une statue. Nombreuses traces de couleur
rouge sur les lèvres, les yeux, les cheveux; les chairs n'étaient pas peintes. La glande lacrymale paraît
avoir été séparée de la prunelle par une ligne colorée. Autrefois en possession de O. Rayet, à Paris.

Nous ne savons pas au juste en quelle partie de l'Attique cette tête a été découverte.
D'après les renseignements qu'avait recueillis le premier possesseur, elle proviendrait d'un em-
placement situé à l'Ouest d'Athènes, tout près de l'usine à gaz, c'est-à-dire de la région que
traversait l'ancienne Voie Sacrée; d'autre part, on a certifié à M. Milchhôfer que le lieu authentique
de la trouvaille était le Phalère. Au lieu de choisir entre ces deux indications contradictoires,
M. Milchhôfer a pensé, non sans raison, qu'il était prudent de les tenir l'une et l'autre pour
également suspectes. On sait de reste que les marchands d'antiquités ont intérêt à dissimuler
autant qu'ils le peuvent l'origine véritable des œuvres d'art qu'ils offrent à l'acheteur, en raison
des lois sévères qui en interdisent l'exportation hors de Grèce.

Etant donnée cette incertitude de provenance, j'avais d'abord songé à accepter l'hypothèse
que m'a suggérée M. Botlio Graef, voilà cinq ou six ans. Ce savant supposait que la «tête
Jacobsen >> pouvait avoir fait partie des sculptures qui ornaient le fronton du vieux temple
d'Athéna, sur l'Acropole. Mais depuis, M. Schrader, qui s'est occupé de rapprocher les
fragments de ce fronton et qui va les publier prochainement, est arrivé à des conclusions qui
condamnent cette opinion. Cependant la conjecture de M. Graef, toute infirmée qu'elle est par
les faits, repose sur une observation parfaitement juste. Une comparaison de la tête Jacobsen
avec la tête bien connue de l'Athéna du fronton montre entre ces deux œuvres une extra-
ordinaire parenté de style dans l'exécution des détails comme dans la conception de l'ensemble.

Les monuments de l'art attique de la fin du VIe siècle avant J. C. peuvent être répartis
en deux groupes principaux. D'un côté, nous rangerons ces figures qui trahissent l'influence
des écoles ioniennes de l'Asie mineure et de l'Archipel, et non pas seulement, comme on le
répète trop volontiers, celle des deux maîtres Chiotes, Mikkiadès et Archermos. Ce qui les
caractérise, c'est un souci singulier de l'effet décoratif, c'est surtout une science technique
poussée jusqu'au raffinement et à la minutie, une virtuosité d'exécution prodigieuse pour l'époque,
une adresse extraordinaire à rendre les enroulements de la chevelure, le jeu des étoffes, et, d'une
façon générale, tout ce qui est motif de pure ornementation. Les œuvres de cette catégorie,
comme on le voit par la plupart des statues féminines trouvées sur l'Acropole, sont vite
tombées dans certains excès; elles ont péché par afféterie, maniérisme et préciosité. Ce n'est
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