Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 12
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Plus loin, dans la notice relative à la tête n° 1078 de la Collection Jacobsen (pi. 31
et 32), je me propose de revenir sur la question que je ne fais que toucher ici: si je ne me
trompe, ce morceau et quelques autres qui lui ressemblent de près peuvent être considérés
comme les modèles de grande dimension dont on s'est inspiré pour exécuter les têtes des
supports de miroirs du type corinthien.

Catalogue n" 1029a.

La figure 3 représente une statuette qu'il faut, en raison de son costume, rapprocher des
monuments dont il vient d'être parlé. Hauteur o,'"675: marbre pentélique. N° du
Catalogue 1032. Le cou est refait en plâtre, mais la tête parait bien appartenir au corps;
le nez et le menton ont été restaurés. La partie inférieure du bras gauche est perdue ; le
bras droit était rapporté. Les pieds et la plinthe sont modernes. Toute la figure, la tête
en particulier, a été endommagée par des lavages réitérés. Le dos est d'une bonne exécution.
La main gauche saisissait un pan de vêtement; la droite, tendue en avant, devait porter quelque
attribut, peut-être un fruit ou une fleur. Les cheveux, enroulés en un large bourrelet tout
autour de la tête, puis rassemblés et noués par derrière, tombent sur la nuque en nappe
compacte; derrière chaque oreille une petite boucle, détachée de la masse de la chevelure,
flotte librement.

Cette statuette de femme, œuvre assez médiocre d'un copiste, nous fournit un exemple
fort instructif du mélange des deux costumes ionien et dorien. Par dessus le chiton à la mode
ionienne, de fine étoffe, aux manches boutonnées, la figure porte le péplos dorien; il est creusé
d'un pli transversal ou «kolpos», nettement apparent, et serré à la taille par une ceinture que
cache le pan rabattu de l'étoffe.

Comme me l'a fait remarquer M. H. Bulle, le plus ancien exemple d'une pareille
combinaison nous est fourni par un monument du VIe siècle: à l'Acropole, il existe une figure
de femme, qui, seule parmi toutes ses compagnes, est vêtue du péplos dorien, mais qui, sous
ce péplos, conserve le chiton d'étoffe légère (Musées d'Athènes pi. 10; Brunn-Bruckmann pi. 57bis;
Collignon, Hist. de la sculpture grecque I, p. 341, fig- 170; Ephémeris Arch. 1887, pi. 9; Antike
Denkmàler des Instituts 1, Taf. 19, 2). Pour la première moitié du Ve siècle, M. Furtwàngler
(Meisterwerke p. 39, note 3) a rassemblé tous les exemples analogues actuellement connus: le
nombre en demeure fort restreint; il faut descendre jusqu'au IVe siècle pour que cette double
façon de se vêtir devienne d'un usage courant.

Ce qui prête à notre statuette un intérêt tout particulier, c'est qu'on y trouve réunis et
associés en même temps que deux costumes différents, des motifs, des détails de facture, des
particularités d'exécution qui, pour l'ordinaire, ne vont jamais ensemble. Par son aspect général,
l'arrangement du vêtement nous remet en mémoire ces figures du type « péloponnésien » que nous
avons mentionnées tout-à-1'heure : l'analogie est particulièrement frappante si l'on considère le buste:
et l'on peut noter aussi comme un trait de ressemblance le grand pli rigide et vertical qui s'allonge
entre les jambes. Par contre, à la partie inférieure de la figure, le geste de la main qui saisit
et écarte le vêtement — geste qui, dans la sculpture, semble propre aux figures vêtues du
chiton fin —, ou encore l'adhérence étroite de la draperie aux hanches — laquelle ne serait
guère possible avec la grosse étoffe de laine dans laquelle on taillait le péplos dorien —, sont
des traits qui caractérisent la plastique ionienne. 11 en est de même de ces petits plis serrés et
froncés qui tombent de l'épaule droite et déterminent au bord inférieur de la draperie une série
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