Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 17
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PLANCHES ii —15.

Cinq têtes de dieux, d'ancien style.

Ces cinq têtes, en marbre pentélique, faisaient partie autrefois de la Collection Tyszkiewicz
et passent pour avoir été trouvées à Athènes. Les deux plus anciennes, à savoir celles des
"1- XI et XII, auraient été découvertes, selon les uns à l'Acropole, suivant d'autres au Pirée;
cette dernière indication semble mériter la préférence. Tous ces monuments ayant été mis
dans le commerce à différentes époques et par diverses mains, il n'y a aucune raison de supposer
qu ils aient primitivement fait partie d'un même ensemble. Pour les deux têtes des pi. XI et XII
1 hypothèse serait d'abord condamnée par ce fait que le style en est différent de celui des trois
autres. Au reste, on ne doit pas non plus admettre qu'elles aient été toutes deux destinées à
se faire pendant, car elles sont de dimensions un peu inégales, et la prunelle de l'oeil n'y est
pas traitée selon les mêmes procédés. Parmi les trois têtes de style plus moderne, l'une, celle
de la pi. XV, se distingue par ses faibles proportions et la finesse du travail; c'est la seule
dont le diadème porte encore la trace d'une ancienne décoration en couleur. Les deux têtes
archaïques appartiennent sans aucun doute à des hermès; la chose paraît vraisemblable aussi pour
celles des pi. XIV et XV, dont la nuque s'élargit et prend une forme anguleuse à la hauteur
de la cassure. Quant à la tête de la pi. XIII, son état actuel ne permet pas de décider si elle
a appartenu à un hermès ou à une statue ; notons toutefois, que ses dimensions sont inférieures
a la nature, ce qui rend plus plausible la première supposition.

Au total, rien ne nous autorise à penser que les trois têtes plus modernes (dont deux,
celles des pi. XIII et XV, proviennent du même marchand, tandis que celle de la pi. XIV a
une autre origine), si voisines qu'elles soient par le style, aient eu autrefois quelque connexion
entre elles, par exemple qu'elles aient servi à décorer ensemble un sanctuaire ou une promenade
publique, comme les hermès bien connus du procès d'Alcibiade, qui entouraient une partie de
1 agora d'Athènes. Je ne les séparerai pourtant pas dans cette étude, parce qu'à propos de
toutes trois nous sommes amenés à nous poser les mêmes questions générales que j'indique ici
brièvement.

Le style en est-il véritablement ancien ou seulement archaïsant? Dans le premier cas,
faudra-t-il voir en elles des originaux ou des copies? Pouvons nous, de plus, tenter de leur
attribuer des noms particuliers? Examinons d'abord ce dernier point.

Chaque tête est-elle assez individualisée, assez caractérisée pour nous fournir, en l'absence
du corps auquel elle appartenait, des indices qui permettent de lui assigner un nom? Je n'hésite
pas à répondre par l'affirmative et je crois fermement que, si nous ne sommes pas peut-être
a même de proposer des dénominations d'une certitude entière, la faute en est, non à l'inhabileté
du sculpteur ou à la pauvreté de ses moyens d'expression, mais à l'insuffisance de nos connais-
sances et à la rareté des matériaux dont nous disposons.

D'après M. Jacobsen, la tête de la pi. XIII (1) représente Zeus. L'exactitude de cette
désignation est incontestable. En effet, dans cette œuvre, si sévère qu'en soit encore le style

(1) No 1035 '1» Catalogue. Hauteur: 0,25. Intact.
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