Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 19
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Il est un peu plus difficile d'assigner un nom à la troisième tête, celle de la pi. XIV (i)
Le catalogue de Copenhague y reconnaît un Dionysos. W. Amelung, dans une communication
citée à la fin de cette notice, préfère la dénomination d'Asklépios (étant donnée l'époque le
nom du héros Alkon ou de Iatros eût mieux convenu à une œuvre attique). Les yeux levés au
regard tranquille et pénétrant, la bouche ouverte, entre les lèvres de laquelle un trait de marbre
indique la langue ou les dents, le menton proéminent, sont des traits qui conviendraient bien à
Asklépios, le doux médecin, le conseiller amical, énergique à l'occasion: au contraire, les cheveux
courts, bouclés sur l'occiput semblent être un détail étranger, dans cette période, aux représentations
de Dionysos. L'attribution à Asklépios est donc au moins possible; mais je ne crois pas que
l'état de nos connaissances autorise encore sur ce point une affirmation catégorique.

Si nous passons aux deux têtes de style archaïque, celle de la pi. XII est nettement
caractérisée par sa coiffure: c'est un Hermès (2). M. Jacobsen a cru y reconnaître Héphaistos: mais
il semble que c'est seulement dans les représentations d'époque plus tardive que le bonnet est
devenu l'attribut de ce dieu(3); aussi bien, quand même on signalerait, dans quelques œuvres
archaïques, des exemples du bonnet comme attribut d'Héphaistos, la forme particulière de coiffure
qu'offre la tête Jacobsen, avec le couvre-nuque qui se replie par derrière, resterait caracté-
ristique des messagers, humains ou divins (4). La tête frappe par un caractère de mélancolie
€t de calme tristesse, qu'accusent les sillons profonds creusés aux deux côtés du nez, les
yeux convergents, aux paupières lourdes qui semblent rétrécir la prunelle, les joues amaigries,
]a barbe et la moustache négligées, les tempes en partie cachées sous les cheveux. Comment
expliquer cette lassitude ou cette affliction chez Hermès, le dieu affairé, sans cesse en mouvement?
M- Amelung croit qu'on a voulu figurer le dieu du sommeil et des songes, en sorte que nous
aurions ici le prototype archaïque de cette belle figure de l'Hypnos juvénile, qui marche légèrement,
tenant d'une main la touffe de pavots et penchant de l'autre la corne d'où tombe goutte à
goutte la liqueur somnifère (Brunn, Gôtterideale; p. 26 et suiv.). Il est plus simple, ce me
semble, de rapporter cette représentation à Hermès Psychopompe, celui qui conduit les âmes
au sombre royaume. Hermès était adoré sous le vocable de Chthonios à Athènes, aux fêtes
des Choes et des Chytroi, durant lesquelles on l'honorait en même temps que les morts (5),
et nous savons qu'il était encore d'usage, à une époque assez basse, de dresser la statue
du dieu sur les tombeaux.

Quoi qu'il en soit, ce personnage divin forme un vif contraste avec celui que représente
la seconde tête archaïque. Le catalogue assigne à ce dernier le nom d'Hermès (6). Si je préfère la
dénomination adoptée par Amelung, celle de Dionysos, ce n'est pas sur l'indice de quelque
attribut extérieur, mais parce que l'expression bienveillante et rieuse de la physionomie, les yeux
au regard ouvert, la barbe et les cheveux enroulés en boucles joyeuses (on comprendra cette
expression en regardant la chevelure de l'autre tête archaïque), conviennent bien au dieu qui
personnifie les gaîtés de l'ivresse et la joie de vivre. Que l'on remarque d'ailleurs la forme

(1) No 1034 du Catalogue. Hauteur: 0,25. Traces de couleur brun-rouge à la barbe et aux yeux; au-dessus du diadème, en son
eu, un trou de faible profondeur servait probablement à fixer un ornement de bronze.

(2) No lo2y du Catalogue. Hauteur: 0,29. Sur le devant de la chevelure, on remarque trois trous; deux chevilles, encore conservées
«eux de ces t|.olts servaient à maintenir la partie antérieure, rapportée, du rebord du chapeau, ainsi (pie les cheveux qui apparaissaient
ssous. Il semble qu'il y ait des traces de couleur rouge sous la lèvre inférieure.

(3) H faillirait par conséquent soumettre à un nouvel examen les deux têtes d'Héphaistos (Munich 53 et ColUctUm Barracco, pi. XXV]
PP- 29 et 61), qui dérivent d'un original unique.

(4) Cf. par exemple Mon. d. J. VIII. PI. XV = Wiener VerUgebUUter, I, I, 2 Robert, Bild und Lied, p. 154. _ Overbeck
""" K"">l»'vll-o!oSie, 2, livraison, PI. VII, 9, 10 et 18.

(5) Roscher, Myth, Lexilum, au mot Hermès, col. 2374.

\ ) lauteur: 0,28. Les yeux étaient incrustés; le blanc en existe encore (comme M. Jacobsen a bien voulu me l'apprendre
c°nt est fait ce blanc n'est ni de l'os, ni de l'albâtre, mais vraisemblablement un marbre d'un grain extrêmement fin)- les îinmell,.
qw étaient sans aucun A„..... ._ _=. , , .... ' prunelles,

aient sans aucun doute en pierre de couleur, sont tombées

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