Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 24
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PLANCHE 17.

Fragment du bras du trône d'une divinité.

Trouvé dans la villa de M. Fulvio Fiorclli, en face de 5. Agnese fuori le mura, à Rome, avec
une tête fortement grattée, de même style et de mêmes dimensions que celle décrite dans la notice de la
pi. XVI.

La planche nous montre une tête de femme diadémée, aux cheveux abondants et bouclés,
qui forme l'extrémité d'une longue pièce de marbre, à section carrée, aujourd'hui brisée. Sur
sa face latérale droite, cette pièce de marbre présente, en guise de décoration, un champ
rectangulaire évidé profondément et bordé de moulures ondées formant cadre; on voit de plus
la même mouluration se poursuivre en arrière du champ, sur toute la longueur du fragment.
La face inférieure est brisée jusqu'au cadre mouluré vertical ; à partir de là, elle a été soigneuse-
ment piquée et ravalée. Enfin, la face supérieure est plate; mais on y remarque l'amorce d'un
tenon, irrégulièrement brisé; ce n'est qu'à la partie basse de ce tenon, qu'il reste quelques
menus débris cle son côté externe, autrefois lisse et poli.

Etant données les dimensions exiguës de la tête sculptée (hauteur totale: 0,18 m.;
longeur: 0,25 m.), je n'hésite pas un seul instant à reconnaître en elle le motif d'amortissement
qui terminait le bras du trône d'une divinité. La présence du tenon signalé plus haut s'explique
d'elle-même, si nous supposons que le poignet, ou mieux encore le coude du dieu assis venait
s'y poser: à titre d'exemple on peut citer ici la célèbre monnaie d'Elis, qui nous montre le Zeus
d'Olympie appuyant le coude gauche sur le bras de son trône (1). Quant à la figure féminine,
j'ai pensé d'abord qu'il fallait se la représenter debout, dans l'attitude d'une caryatide qui aurait
orné la partie antérieure du pied du trône, tandis qu'un pilier dressé derrière elle aurait porté
le poids du siège et du bras, et de fait, on voit la figure humaine mise en œuvre de cette
façon dans plusieurs trônes en marbre de travail romain (2). Mais dans les trônes grecs, dont
il nous a été conservé un grand nombre de représentations sur des vases peints ou des bas-reliefs,
il ne semble pas que des figures de porteurs aient jamais tenu la place des pieds : les carya-
tides et les personnages analogues n'y jouent, en effet, qu'un rôle auxiliaire, et sont placés au-
dessous du siège, comme on le voit par le trône d'Amyclées(3) et quelques peintures de vases
archaïques (4). Dans le cas présent toute difficulté disparaît, si nous restituons sous la tête, non un
corps de femme, mais celui d'un sphinx couché sur le siège du trône, qui soutiendrait de sa nuque
l'extrémité antérieure de l'accoudoir. Nous savons qu'au trône du Zeus de Phidias c'était
précisément ainsi que des sphinx couchés et des enfants thébains, leurs victimes, servaient de
supports aux accoudoirs (5); il en est de même pour le trône du Zeus de la frise orientale du
Parthénon, et sur des peintures des vases (6). Aussi bien, l'hypothèse se transforme en certitude,
si nous examinons avec soin la forme de la nuque : elle présente trop de largeur pour pouvoir
se continuer en un corps humain, et l'épaisse mèche de cheveux qui couvre l'occiput se prolonge

(1) Overbeck, Griechische Kunstmythologie I, Munztafel II, n° 4; Imhoof-Blumer and Percy Gardner, A numismatic commentary on
Pausanias, pi. P, XX.

(2) Annali deWIstituto, 1842, tav. d'agg. R.

(3) Cf. Furtwângler, Meistei-tuerke, p. 706.

(4) Cf. Gerhard, Âuserlesene Vasenbilder, PI. I, 7. Muséum Gregorianum Etruscum, II, PI. 48, 2b. Monument* dell' Istituto, III, 44.

(5) Cf. la restitution essayée par Brunn, Annali deW Istituto, 1851, tav. d'agg. D.

(6) Overbeck, Atlas zur Kunstmythologie, PI. I, 29.
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