Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 28
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qui confine au maniérisme. A cet égard, dans l'œuvre qui nous occupe et qui peut compter parmi
les copies relativement fidèles, on fera bien de noter l'attitude forcée du guerrier, dont le pied
droit, rejeté trop en arrière, ne porte que sur l'extrémité des orteils; le geste inutilement
contourné qu'il fait pour tenir sa lance de la main droite, comme aussi Zeus pour porter son
sceptre de la gauche; les bourrelets de muscles vraiment hideux qui font saillie sous sa cuirasse;
enfin les «queues d'aronde» qui terminent, en particulier, son vêtement et qui jamais, dans l'art
véritablement archaïque, ne sont traitées avec autant de sécheresse et de raideur. Cette facture
«archaïsante», disons-nous, a été particulièrement en honneur auprès de ceux qu'on nomme
«néo-attiques». Mais les débuts en remontent à une époque bien antérieure et doivent être
attribués moins peut-être à un retour conscient aux formes archaïques qu'à une survivance
persistante de ces formes mêmes. Un relief du Musée Capitolin (i) qui porte l'inscription
KakMfj,a%oç ênoleife) a des figures analogues; et M. Furtwângler(3) est tenté, en conséquence,
d'attribuer la première floraison de ce style au sculpteur Kallimachos, qui travaillait à la fin du
cinquième siècle. En admettant que l'authenticité de l'inscription soit bien établie, cette opinion
me paraît très-digne d'attention: les particularités du style archaïsant répondent en effet à ce
que nous savons, par nos sources littéraires, de l'art de Kallimachos (4). 11 est vrai que les
plus anciennes œuvres originales de la plastique archaïsante qui nous aient été conservées et
que nous puissions dater ne sont pas antérieures au commencement du quatrième siècle (5); mais
il est bien possible qu'il n'y ait là qu'un hasard: en fait, sur les peintures de vases, le même
style desséché et, pour ainsi dire, «tout en os» apparaît beaucoup plus tôt.

L'auteur de la base Jacobsen n'a pas même fait preuve d'originalité dans la décoration
purement ornementale de la base ; car il existe de celle-ci plusieurs répliques minutieusement
exactes, énumérées par Hauser (6) et par Benndorf-Schone (7). Il n'est pas invraisemblable que
tous ces morceaux proviennent de la même fabrique: la beauté des ornements aura séduit les
acheteurs. Notons que le travail de l'exemplaire Jacobsen est particulièrement élégant et fin.

Catalogue n° 1309 b.

(1) Publié entre autres par Georg Hirth, Formenschatz, 1895, n° 2.

(2) Loewy, Inschriften griechischer Bildhauer, 500; Kaibel, Inscriptiones graecae Siciliae et Italiae, 1246.

(3) Meisterwerke, p. 201 et suiv.

(4) Cf. Brunn, Kunstlergeschichte, I, 253 et suiv.

(5) Cf. Hauser, Areuattische Reliefs, p. 158 et suiv. Furtwângler, Meisterwerke, p. 204, note I. Ajouter la base du Musée National d'Athènes
no 1425, trouvée à Epidaure et publiée par Lechat et Defrasse, Epidaure, p. 86 et suiv. ; elle semble contemporaine des reliefs praxitéliens
qui se trouvent sur la base de Mantinée et du Sarcophage des Pleureuses, à Constantinople.

(6) Neuattische Reliefs, p. 118.

(7) Katalog des Lateranensisclien Muséums, p. 326.

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