Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 30
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PLANCHE 20.

Trois reliefs.

A. Héraklès ravissant le trépied delphique.

Hauteur: 0,78 m. Marbre blanc. Provient de la Villa Borghèse.

Iphitos, fils du célèbre archer Eurytos d'Oechalia, s'était mis en route pour retrouver les
chevaux et les mulets qui lui avaient été dérobés. 11 arriva chez Héraklès, qui les tenait du
voleur, et fut assassiné par lui, en violation des lois de l'hospitalité. Les dieux frappèrent
le meurtrier d'une cruelle maladie; pour s'en délivrer, il demanda aide et conseil à la prêtresse
d'Apollon Delphien, la Pythie, qui le repoussa avec horreur. Héraklès fit alors irruption dans
le temple, arracha de sa base le trépied fatidique, et voulut l'emporter, dans le dessein de fonder
ailleurs un oracle à son propre usage. Mais Apollon s'élança contre lui, les armes à la main,
et les deux adversaires en seraient venus aux prises, si Zeus n'avait dardé un éclair qui sépara
ses fils. Pour expier son crime, Héraklès dut s'humilier et accepter Apollon pour maître: il
se soumit à l'épreuve et devint l'auxiliaire et l'ami de son ancien rival (1).

Le bas-relief Jacobsen représente la scène du combat. Héraklès, vêtu de la peau de
lion dont la queue traîne par derrière, le carquois au côté gauche, le trépied sous le bras,
tient l'arc de la main gauche, tandis que de la droite il brandit la massue contre Apollon qui
le poursuit; celui-ci, l'arc dans la main gauche, saisit le trépied avec la droite. Entre les deux
divinités se dresse l'Omphalos, la pierre sainte entourée de bandelettes, qui désignait Delphes
comme le centre de la terre habitée.

Il existe un grand nombre de répliques de ce bas-relief (2): la plus connue se trouve sur
la base de candélabre conservée à Dresde, que j'ai citée précédemment. Nous sommes dès
lors autorisés à admettre l'existence d'un original très-célèbre, qui était probablement conservé à
Delphes; sur la date qu'il convient d'assigner à cet original, je renvoie aux notices des planches
XVIII et XIX.

Le travail du relief Jacobsen n'est pas d'une finesse particulière. Je ne sais quel en a pu
être l'usage, ni de quel objet il faisait partie; la saillie de la plinthe inférieure, au-dessus de
laquelle sont posées les figures, et l'absence de mouluration le long des bords ne permettent
pas de croire qu'il provienne d'une base de trépied ou de candélabre.

Catalogue n" 1031a.

(1) Preller, Griech. Mythologie'6, II, p. 162 suiv. et 224 suiv.

(2) Welcker, A. D. II, 298 suiv.; Stephani, Compte-rendu, 1868, p. 37 suiv.; Roscher, Myth. Lexikon, col. 2232, s. v. Herakles.

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