Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 32
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Heydemann a pensé que le sculpteur avait voulu représenter Héphaistos livrant à Thétis les
armes fabriquées pour Achille. Mais il est impossible de reconnaître la mère d'Achille dans cette
apparition guerrière, armée du bouclier et de la lance, qui présente obliquement la tête, suivant le
geste familier à la Promachos. Incontestablement il s'agit ici d'Athéné. Comme on ne peut
songer à une représentation de la naissance de la déesse, à laquelle Héphaistos fut mêlé, il
faut nous souvenir, pour comprendre le sujet, d'un mythe déjà figuré sur la ciste de Kypsélos
(Pausanias III, 18, 13), mais dont il ne s'est conservé, à ma connaissance (1), aucune autre image
plastique: c'est, à savoir, la poursuite d'Athéna par Héphaistos, aventure à laquelle on rattachait
la naissance d'Erichthonios (2). Athéné était allée trouver Héphaistos pour le prier de lui fabriquer
des armes: à sa vue, celui-ci fut enflammé d'amour, mais Athéné, échappant à sa poursuite,
le frappa de sa lance. Cependant le sperme d'Héphaistos était tombé sur la cuisse de la déesse,
qui, pleine de dégoût, le rejeta à terre: de là devait naître Erichthonios. — Assurément, si
cette explication est la bonne, la scène représentée sur le bas-relief Jacobsen manque de clarté
et de mouvement; mais il faut convenir aussi qu'une image exacte et réaliste de l'événement
aurait été en opposition trop violente avec le style «hiératique», grave et solennel, du relief.
Tel qu'on nous le montre ici, Héphaistos s'est approché de la déesse et lui adresse, en lui
remettant le casque, quelques propos amoureux; dans son indignation, la vierge agite sa lance
pour écarter l'audacieux. — Je reconnais d'ailleurs volontiers qu'on ne saurait donner pour
tout-à-fait certaine la présente interprétation.

Ce relief appartient encore au groupe des monuments dits iiéo-attiques. Je ne connais pas
de réplique des deux figures. L'attitude d'Athéné, posée de face, est celle de plusieurs personnages
sur la «base des douze dieux» du Louvre, dite Borghese{$). Le bras droit d'Héphaistos est
d'un dessin détestable, et dans l'ensemble le travail du bas-relief est peu fini. On ne saurait
dire quelle était la destination première du monument.

Catalogue n° 1031. Heydemann, Pariser Antiken. dans le 12. Hallesclies Winckehnannsprogramm. 1887,
P- 85, n" 3.

(i) En effet, c'est à tort que le fragment d'un pinax d'Athènes, autrefois dans la Collection l'ourtalès (reproduit dans Brôndsted,
Voyages et Recherches en Grèce, p. 170, fig. XLII; p. 295, pi. LXII), a été considéré comme représentant cette scène.

(2) Cf. Roscher, Myth. Lexikon, s. v. Héphaistos, col. 2063.

(3) Gerhard, Gesammelte Akadcmische Abhandlungcn, pi. XVI, 3—5! l'rohner, Notice de la sculpture antique du Louvre, n" 1.
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