Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 34
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/arndt1912text/0042
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
borné à l'adapter à notre torse; en réalité elle n'a rien
d'antique. A la vérité, il serait difficile, ou même im-
possible, de faire de cette non-authenticité une démon-
stration capable de convaincre le grand public; car la
tête, sans dériver directement d'aucun modèle antique,
est un postiche exécuté avec une adresse extrême et
l'antiquaire n'y peut signaler aucune faute grossière.
Mais tout connaisseur au courant des particularités de
style des œuvres archaïques, qui regardera sans parti
pris ce morceau, y reconnaîtra du premier coup un
faire tout moderne, qui décèle la main d'un faussaire
de nos jours. Les observations faites sur la cassure, les
marbres, l'inclinaison de la tête, ne peuvent que corro-
borer cette conclusion.

Considérons maintenant les membres qui, à l'origine,
nous l'avons dit, étaient séparés du torse; notre examen
ne leur sera guère plus favorable qu'à la tête. Le bras
droit semble d'un autre marbre que le torse et ce marbre
paraît être identique à celui de la tête. Ce bras doit
donc être déclaré moderne ainsi que la palme placée
dans la main(i). J'en dirai autant de cette main dont
le marbre paraît d'ailleurs différer et de celui du bras
et de celui de la tête, et qui est séparée du bras par une
commissure parfaitement régulière. Le marbre du bras
gauche paraît être le même que celui de la tête et du
bras droit; ainsi, le bras gauche est moderne à son tour.
L'état de conservation des jambes diffère notablement
de celui du torse: les jambes n'appartenaient donc pas
anciennement au torse. Je ferai, à la rigueur, cette con-
cession que les bras et les jambes -- dont la patine, en dernière analyse, m'a semblé bonne -- peuvent
provenir d'une autre statue antique. Le faussaire, en ce cas, n'aurait fait que les réunir à notre torse.
Le marbre des membres semble, je le répète, identique à celui de la tête, laquelle sans aucun doute
est moderne; mais ce fait, à supposer qu'il fût prouvé, ne suffirait pas à faire rejeter absolument
l'hypothèse que j'indique ici.

Je ne veux pas terminer ces observations, sans prier encore une fois M. Jacobsen de con-
sentir, étant donné l'intérêt de la question, à ce que le monument soit soumis à une inspection sévère
et complète. Jusque là, le torse seul devra être l'objet d'une étude archéologique. Il offre assez de
particularités intéressantes pour qu'on regrette moins l'absence de la tête et des membres.

Si les reproductions ne sont pas trompeuses, ce torse, qui est d'un beau travail (2), appar-
tenait à une réplique d'une belle statue d'adolescent, jusqu'à ce jour presque inconnue, qui se trouve
à la Villa Albani (3) (voir fig. 13). La manière dont est rendue l'épaule, la forme donnée à la
fourche inguinale, le mouvement des bras et des jambes, la musculature du torse jusque dans les

(1) Sur la palme, considérée comme emblème de victoire, voir Milchhôfer, Festschrifi fur Brunn, p. 62.

(2) Un enduit de ciment recouvre la partie velue du pubis.

(3) Description, 1869, no 316; Furtwangler, Meistenverke, p. 738. Restaurations: les deux avant-bras (d'après Furtwângler, à l'avant-
bras gauche il n'y a de moderne que la main), la jambe gauche, la jambe droite avec la moitié inférieure de la cuisse. La tête, très bien
conservée, était séparée du torse, mais elle lui appartient. Les reproductions données ici sont empruntées à la quatrième série (en préparation)
<le VEinzclvcrkauf d'Arndt-Amelung.
loading ...